* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

baby (the)

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Une assistante sociale est missionnée pour intervenir dans la famille Wadsworth. La famille se compose de la mère, de deux jeunes filles et d'un bébé, appelé "Bébé". Jusque là, rien d'anormal.
Jusqu'au moment où la mère emmène l'assistante sociale dans la chambre de l'enfant et là, c'est la surprise. L'enfant est en fait un jeune homme adulte de 21 ans, habillé comme un bébé, qui dort dans un lit de bébé et qui se comporte comme un bébé.
Personne, ni la famille, ni l'assistante sociale ne semble perturbé par cette vision pour le moins étonnante. Et l'assistante sociale va faire son évaluation de la famille, comme pour tout autre enfant.
Jusqu'au moment où...


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Le sujet est pour le moins surprenant. Passé l'effet de stupéfaction, nous nous habituons à voir ce "bébé" particulier. Et le réalisateur a eu la bonne idée de faire en sorte que le bébé adulte ne soit pas un problème : tout le monde l'appréhende comme un enfant, lui faisant des mamours et autres sourires attendris.
Le problème est ailleurs, et il concerne cet enfant en tant qu'enfant : si l'assistante sociale est sur le coup, c'est qu'on soupçonne que quelque chose de louche se trame dans cette famille.
C'est une grande force du film qui, du fait, sonne comme totalement décalé. Le bébé adulte n'est pas vu comme un attardé mental mais bien comme un bébé et il est vu par la caméra comme tel.
On a l'impression d'entrer dans un monde qui ressemble étrangement au notre, mais un monde où la perception de l'enfance est autre. Et comme chacun semble trouver ce bébé normal, nous nous retrouvons, nous spectateur, en décalage.
Et il nous faut s'adapter à cet univers presque exclusivement féminin où les personnages sont dérangés et agissent en fonction de leur folie.


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Un autre atout de ce film étrange se situe donc dans l'atmosphère et la psychologie des personnages. Les acteurs jouent très bien leur rôle et tous les personnages sont singuliers et déroutants.
A commencé par la famille, celle-ci est réellement étrange.
La mère, sorte de marâtre toute puissante, froide, austère, règne en déesse sur les lieux. Elle donne parfois la chère de poule, et ressemble à une psychopathe.
Les deux filles sont également bizarres. L'une discrète, l'autre extravertie, toutes deux semblent aussi dérangées que leur mère. Elles forment un clan dont son exclus les hommes. Et le bébé constitue là dedans un étrange va et vient entre attirance et répulsion.
Et ce bébé, insupportable, énervant, horripilant avec sa couche ballante et ses mimiques, ses cris de bébé en décalage avec son âge... on ne peut pas dire qu'il soit très mignon ! Il est même particulièrement dérangeant. Pourtant l'assistante sociale et la nounou s'extasient devant lui et lui montrent de l'affection. Il est au centre des convoitises... de la famille Wadsworth comme de l'assistante sociale, qui comme toute vilaine assistante sociale n'a qu'un but : retirer cet enfant de la famille !


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Alors... on se demande. Où veut il en venir, Ted Post ? Sur quoi veut il nous faire réfléchir ? Sur les rapports mère/ enfant ? Sur l'enfant qui sommeille en nous ? Sur le regard qu'on pose sur le handicap ?
Veut-il nous faire réfléchir sur le féminisme et ses dérives ?
Le traitement du sujet n'apporte aucune réponse... et chacun y voit sans doute ce qu'il veut y voir.
Une chose est sure : c'est qu'il bouleverse les bienséances et parfois nos valeurs.
Deux scènes peuvent paraître choquantes à certains : celle où la jeune baby sitter donne le sein au bébé, et celle où sa soeur s'allonge nue, le soir venu dans le lit de celui-ci. Le fait que le bébé soit adulte donne un caractère sexuel à ces gestes maternels, ce qui peut mettre mal à l'aise. Cette scène me rappelle un passage de la fin des "Raisins de la Colère" de Steinbeck où une jeune maman donne le sein à une vieille personne, scène marquante également.
Ainsi, voir le jeune homme comme un bébé c'est peut être pour cette femme blessée par les hommes qu'est la mère, pouvoir aimer son enfant devenu grand ? C'est sans doute aussi pour Ted Post pouvoir jouer de ces images chocs sans pour autant être censuré ou rejeté, car après tout, inceste ou pas, le bébé est adulte.


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"The Baby" est vraiment particulier. Il s'agit d'un drame psychologique agréablement décalé et déroutant. Ce qui constitue la grande force de "The Baby" c'est ce détachement pour lequel a opté Ted Post. Il nous présente une situation bizarre comme quelque chose de tout à fait normal, d'une façon neutre, sans jugement, sans notion de valeur, sans s'embarrasser des bienséances.
Le tour est bien joué. Il bouscule les habitudes dans lesquelles le spectateur s'installe. Et c'est plutôt intéressant.
Par ailleurs la réalisation est honorable, et Ted Post n'a pas à rougir de son film.
Certes ce n'est pas le film le plus profond qui soit, mais le scénario est réellement différent et original. Pour un petit film, il tire plutôt bien son épingle du jeu.
D'autant plus que la fin vous réservera une grande surprise... à nouveau ! Surprise qui a bien plu à votre rédactrice, ce qui lui vaut cette note élevée.
Un psychodrame intéressant et singulier, à regarder quand les bébés sont couchés...


bloodyjane

Affiche(s)

jaquette