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coffy

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Aka: la panthère noire de harlem

coffy

Une boite de nuit branchée, des danseuses nues à gogo, de la musique psychedélique funk, et bien sûr, de petits dealers black à la coupe afro et à la cravate plus large que leur col pelle à tarte... Le film s'ouvre sur un décor seventy's auquel on s'attendait. Puis, rapidement, apparaît Coffy, cette merveilleuse panthère noire, censée être une camée prête à tout pour une dose d'héro...
On peine à y croire, tant elle a la classe. Et on a raison de ne pas y croire. Car celle-ci n'hésite pas après s'être dénudée (ho ho !) et avoir joué de ses charmes pour s'introduire chez nos deux dealers (Sugar et Grover), à sortir de nulle part un énorme fusil qu'elle pointe instantanément sur Sugar. Avec cet engin elle explose la tête de l'un, et armée d'une seringue remplie d'héroine, elle pique l'autre pour qu'il meure d'overdose. "Tu voleras par-dessus les barrières du ciel avec le plus grand sourire que St pierre aura jamais vu" seront les derniers mots que celui-ci entendra de la bouche de Coffy. Epique, non ?
Et voilà... La vengeance de Coffy est accomplie. Cette infirmière a en effet décidé d'éliminer tout ceux qui ont fait, sans remords, de sa petite soeur Lubelle une junkie. Mais elle n'en restera pas là. La mort de son ex petit ami, tué par des barons de la drogue, déchaînera sa colère. Elle décide alors de supprimer les responsables, en s'aidant des atouts que la nature lui a donné pour tendre des pièges...


la panthère noire de harlem

Ainsi commence l'un des films les plus connus de la black exploitation (ces films faits par des noirs pour des noirs, mais qui plaisent aussi aux blancs). "Coffy" fait partie d'une série de films mettant en scène Pam Grier, égérie de la blackex, qui a également joué dans: "Foxy Brown" (du même réalisateur), "Sheba Baby" (William Girdler), ou "Blacula II" (Bob Kelljan ), etc...
Comme toujours dans ses films, celle-ci fait sa propre loi et venge un membre de sa famille ou un proche (à voir dans le site, "Sugar Hill", autre étrangeté du genre, fondé sur le même scénario). Car ces films d'autodéfenses issus de la culture blackex sont tous ou presque construits sur le même schéma : à la manière d'un Charles Bronson ou d'un Clint Eastwood, notre sensuelle héroïne brave tous les dangers et use de méthodes peu recommandables pour satisfaire sa soif de vengeance. Sous couvert de vouloir un monde meilleur et de désir de justice, celle-ci fait des interrogatoires musclés et supprime allègrement tous ceux qu'elle juge indésirable en ce monde. Et puisque la justice, selon elle, ne fait pas son boulot, et bien, la grande prêtresse noire le fera à sa place !


coffy

Coffy déroule des stratégies. Elle joue surtout sur son charme et sa sensualité naturelle pour infiltrer les groupes de malfrats. Aussi, elle sait se parer de différents rôles : de sage et consciencieuse infirmière, d'amie intègre et loyale, elle devient amante douce et dévouée ou tigresse assoiffée de sang. Coffy et sa plastique avantageuse se mue en symbole de toutes les femmes ou, oserais je dire... de LA femme ! Successivement libérée et soumise, elle joue la prostituée jamaïcaine, la femme de député, la grande dame classe et admirée de tous, attire tous les regards vers elle, et bien sûr attise la jalousie des femmes.
Notre animal sauvage et blessé est donc tout simplement admirable et délicieuse dans son rôle de Coffy (olé !).
Et le reste des personnages n'est pas sans intérêt non plus. Ils sont très charismatiques. Les gardes robes sont terribles. Dans son rôle de flambeur, le pimp King Georges, comme dit la chanson : "celui qu'on appelle Mister Cool", est plus que typique, affublé d'une cape jaune ou rouge selon l'occasion, chapeau, lunettes de soleil et canne. Proxénète vil et avide d'argent, il est prêt à tout pour réaliser de bons coups. Entièrement dans le paraître, il est à la botte d'un autre roi de la pègre, Vitroni. Celui-ci est vraiment minable : petit, laid, habillé sans classe, d'une bassesse à toute épreuve, ce roquet est aussi petit par la taille que dans l'âme. Il éprouve même le besoin d'avilir les femmes pour développer son sentiment de supériorité...


la panthère noire de harlem

Ainsi, Jack Hill nous filme le monde de Coffy (et la chanson le dit : "coffy est le monde dans lequel tu vis"), un monde sordide, mettant l'accent sur des stéréotypes de quartiers craignos, un monde où tous sont pourris (députés, flics, gangsters...), où pas un ne peut rattraper l'autre, où les méchants sont très très méchants. Coffy vit dans un monde de brutes où les femmes blanches ou noires sont maltraitées, utilisées, martyrisées. Le réalisateur nous livre une critique de la société, et notamment des ghettos où il n'y a pas d'avenir autre que la drogue. Quelques allusions à l'esclavagisme sont présentes çà et là. Mais dans "Coffy", même si l'intrigue est bien développée, la satire ne va pas très loin, elle est manichéenne et simpliste.
Et justement, ce qui fait le charme de ce film, c'est que tout y est d'une simplicité incroyable et en même temps tout y est emphasé : la haine, l'amour, le vice, le crime. Les bons sentiments sont très bons, les mauvais sentiments très mauvais. Coffy est mise sur un piédestal et devient la dernière représentante du peuple noir qui souhaite un monde meilleur, une amazone qui libère le monde et la femme. Seulement, par un revers tragique, pour arriver à ses fins, elle doit utiliser les mêmes armes que la pègre... Et oui, du tragique, tragiquement emphasé !


coffy

Ceci dit, le ton n'est jamais grave, "Coffy" est loin d'être un film d'intello... quelques scènes légères viennent contrebalancer les scènes violentes. Face au lynchage de King Georges, (qui se fait tout de même traîner par une voiture, les pieds accrochés à une corde, pour n'être plus qu'un corps en bouillie à l'arrivée) scène la plus brutale du film, issue d'une culture western, nous avons droit à de succulentes scènes de bagarres entre filles, qui profitent de l'occasion pour s'arracher les vêtements et dévoiler leurs opulentes poitrines... sous le regard ébahi et ravi des hommes de l'assemblée.
De même l'originalité de Coffy nous surprend agréablement : elle dissimule de tout dans sa chevelure de lionne, armes à feux, rasoirs... Sait on jamais, si quelqu'un avait l'idée de lui tirer les cheveux ? Qui s'y frotte si pique, une jeune fille blonde en fera d'ailleurs les frais...
Un autre atout de la réalisation est le subtil mélange musique/scénario, inhérent à tout film blackex. Les personnages de Coffy et King Georges sont présentés en chanson, sur des rythmes chaloupés, ce qui ne manque pas de créer l'évènement. Le tout s'imbrique parfaitement, la musique devient un élément à part entière du film. On salue donc l'omniprésence de la musique et le talent de Roy Ayers qui composé un bien bel écrin funk pour le bijou de Jack Hill.
Et cette intégration parfaite de la musique est une réussite. Autant que le film d'ailleurs ou que la prestation de Pam Grier qui mérite bien son nom français de "Panthère noire de Harlem" (ceci dit, si le titre français lui colle bien, le doublage est nettement moins bon, alors préférez la version VO).
Coffy est à mon avis l'un des films cultes le plus abouti du genre. Et si vous voulez aborder les films black-ex, et bien je vous conseille de commencer par celui là.


bloodyjane

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