* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

parasite

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Docteur Paul Dean est missionné par le gouvernement sur une étude de vilains parasites. Mais lors d'une bagarre avec un agent, il fait tomber la fiole contenant les petites bêtes et celles ci se précipitent dans le ventre le plus proche, c'est à dire celui de notre chercheur... bien fait ! C'est pas joli de se bagarrer.
N'empêche que celui-ci doit s'échapper pour ne pas finir bouffé de l'intérieur, ou comme cobaye. Il décide donc de s'exiler dans un endroit désert, pour poursuivre sereinement ses recherches et extraire cette vermine qui grandit en lui. L'endroit est certes peu peuplé, mais les gens qui y vivent sont plutôt particuliers et ne sont pas décidés à laisser notre savant travailler en paix.
Surtout une bande de jeunes, menée par un certain Ricus, qui envisage de lui voler ce qu'il préserve dans une fiole bien fermée... Et ce qui devait arriver arriva. Ces idiots de délinquants libèrent la bestiole que Paul Dean s'évertue à faire grossir dans son pot en vue de recherche d'antidote, et celle-ci se dépêche d'aller se lover sur la jambe bien poilue du jeune caïd qui l'a libérée. Bien fait ! c'est pas beau ni de se bagarrer ni de voler !
Et ce jeune homme va amèrement regretter son geste...


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Haaa les années 80 et son flot de petites bestioles pas sympas qui viennent fureter dans le ventrou de nos chères têtes bouclées... "Parasite", voilà un film qui porte bien son nom et reste dans la veine du redoutable "shivers" de Cronenberg ou de notre vénéré "Alien". " Parasite"surfe impunément sur la vague du succès de ce dernier. Il est ainsi très référencé, mais étrangement, il n'est pas si mal que ça.
D'abord, son ambiance est assez particulière. Charles Band a fait le choix d'un décor plutôt minimaliste. L'action se déroule dans un lieu-dit avec quelques maisons de ci de là, qui semblent complètement à l'abandon. La poussière est de mise, tout y est gris, laid, vieux, dégradé. Ce lieux fait aussitôt penser à un post nuke, et d'autant plus lorsque la bande de jeunes désoeuvrés se pointe pour effrayer sans raison les 2/3 clempins qui traînent dans le bar (c'est à dire notre savant, le gérant et Demi Moore)... Masques à gaz, bandeaux dans les cheveux et tshirts sans manche rappellent au spectateur cinéphile que je suis "Mad Max" ! La tribu se déplace à grand bruit en voiture désossée et cabossée, dont ils ont bien entendu arraché les portières. La meute vit dans un entrepôt délabré, ou traînent pneus de voiture et chaînes pendues au plafond.


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Le film condense, mais assez habilement, il faut l'admettre, les détails des films à succès de l'époque ou d'avant...
Par exemple, prenons l'homme en noir, le traditionnel agent du gouvernement. Il se déplace, lui, en costard et en voiture de sport noire, nickel chrome. Celle-ci fait un bruit de glissement lorsqu'elle s'arrête, un peu à la façon de la voiture futuriste (à l'époque) de la chouette série "Logan's Run" ("l'âge de cristal") ; Série que je regardais émerveillée enfant, avec l'humanoïde, les charmantes demoiselles en petites robes roses toutes mignonnes et son carrousel de la mort...
L'homme en noir rappelle le David Vincent de la série "The Invaders". Sans doute est ce dû à son attitude calme et sereine et sa coiffure d'un autre temps. Et pour ajouter du mystère à ce personnage étrange, toujours seul, intransigeant et sans pitié, le réalisateur l'a doté d'un laser vert fluo qui découpe ce qu'il touche. Ainsi, le doute s'installe : est il le chasseur d'envahisseur ou l'envahisseur venu d'une autre planète ?
Ainsi, Charles Band n'hésite pas à mélanger les genres et les références, de telle façon qu'on se sent en terrain connu. Et c'est évident que l'être humain spectateur apprécie de ne pas avoir à réfléchir, qu'il se prend même d'affection lorsqu'on le met en situation de pouvoir anticiper, ce qui lui donne l'impression de maîtriser et d'être un minimum intelligent


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Bien sûr le film souffre tout de même de quelques écueils. D'abord, la présence de Demi Moore gâche le casting, plutôt bien réalisé. Ben oui, il faut le dire, elle joue comme une nouille et n'apporte rien au film. Impossible donc de s'identifier au personnage ! C'est dommage car l'acteur principal Robert Glaudini est doté d'un charisme singulier. Avec son jeu déprimé et son physique ingrat il irradie une espèce de tristesse, de mélancolie qui met agréablement mal à l'aise... Ce n'est pas un héros, plutôt un looser. Bref, il contribue à cette ambiance sale, de terre dévastée et de "no future"... Faut dire qu'il ne va pas non plus sauter de joie à l'idée d'être bouffé de l'intérieur par une bestiole qu'il a lui même élevée...
Par ailleurs, certains ralentis sont inadéquats, surtout lorsque le réalisateur les utilise avec un certain systématisme, pendant les scènes de bagarre.
Mais le film est doté de quelques surprises intéressantes, comme l'empalement sur un vieux tube rouillé d'un autochtone sans cervelle, et le sang qui coule ensuite par ce tuyau, qui sert à l'évacuation des eaux... ou encore les sorties inopinée de la vilaine bebette d'un ventre ou d'une cervelle.
On peut parfois sursauter, et le film a sans doute dû effrayer les spectateurs de l'époque.
"Parasite" n'a pas à rougir des effets spéciaux, les monstres dégoulinants étant plutôt bien réussis.


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Ainsi, "Parasite" vous l'avez compris est plutôt commun, très référencé, mais il est doté de quelques surprises que j'ai bien appréciées.
Le choix de Richard Band est judicieux. Il a pris le parti de faire un film sans réelle originalité, avec de nombreux clins d'oeil à ses prédécesseurs, mais un film qui reste agréable, avec quelques surprises, bien réalisé des effets spéciaux corrects et une ambiance particulière, exploitant à fond le filon : c'est la déprime, nous sommes tous fichus et ce monde est en perdition.
Ce côté dépressif, superbement incarné par le savant, peut ne pas plaire. Il met mal à l'aise parfois et on peut lui reprocher son rythme lent. Ben oui, le temps d'un déprimé n'est pas le même que celui d'un jeune actif dynamique et rigolard...
Mais cette ambiance singulière m'a plu.
D'ailleurs, il est bien dommage qu'il ait inséré une "happy end"... j'aurais aimé qu'il aille jusqu'au bout de sa démarche, et qu'il nous laisse un monde réellement dévasté, sans avenir...
Je vous conseille donc "Parasite", un film "détente" à regarder tranquillement seul ou à plusieurs.


bloodyjane

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