* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

innocents (the)

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Aka: les innocents, the turn of the screw

innocents (the)

Miss Giddens est envoyée dans une majestueuse demeure pour s'occuper de deux orphelins - Miles et Flora - par leur oncle, homme d'affaires trop éloigné et trop égoïste pour s'occuper d'eux.
Elle arrive donc dans ce véritable paradis reculé, où elle rencontre la petite Flora, une gentille petite fille dégourdie. Elle fait aussi connaissance avec le charmant petit personnel qui habite le manoir, intarissable sur la gentillesse de Miles et Flora.
Tout se passe pour le mieux pour Miss Giddens, jusqu'à ce qu'elle reçoive une lettre de l'école de Miles lui annonçant que le garçon est renvoyé pour mauvais comportement, et qu'il est sur le chemin du retour.
C'est alors que Miss Giddens remarque le comportement ambivalent du garçonnet, qu'elle aperçoit des ombres dans la maison, et entend des voix provenant des nombreuses chambres inhabitées de la maison.


les innocents

Est-ce que la maison est bien hantée par deux amants décédés auparavant (l'ancienne gouvernante et un palefrenier) comme on l'apprendra plus tard ? Ou est-ce l'imagination de Miss Giddens qui lui joue des tours ?
C'est la question essentielle que pose le film, et c'est sur ce fil que tient toute l'histoire. Car si nous assistons effectivement aux apparitions des 'fantômes', aux bruits qu'ils font, nous sommes apparemment les seuls à les voir (avec Miss Giddens)!
Le procédé est aujourd'hui hyper connu et joue sur une dichotomie entre le point de vue de Miss Giddens et celui du reste de la maisonnée. De fait, le fantastique mis en place par "The Innocents" est purement psychologique, et n'est accompagné que de peu d'effets spéciaux, si ce n'est l'apparition de quelques ombres.
Pourtant, "Les Innocents" entretient un véritable suspense, coordonné par la réalisation, la mise en scène et une bande son véritablement efficace. C'est d'ailleurs cette bande son qui, à elle seule, force l'entrée du fantastique, et le travail effectué à ce niveau est simplement remarquable et délicat.


innocents (the)

Si Miss Giddens voit effectivement les fantômes, que le garçonnet est bien possédé par le méchant palefrenier mort quasiment sous ses yeux, alors nous sommes dans un film fantastique. Point.
Pourtant, à aucun moment le film ne valide cette thèse. Car seule Miss Giddens entend des voix, voit les apparitions... Elle seule est perturbée par le comportement des enfants, et plus particulièrement du jeune Miles, qui agit parfois comme un homme - parfois tendre, parfois violent.
Mais alors, pourquoi la gouvernante perd elle les pédales comme ça ?
"Les Innocents" nous laisse pas mal de bout de gras à mâchouiller sur ce sujet, le tout est admirablement dissiminé sur la longueur du film. Que ceux qui n'ont pas vu le film ne lisent pas la suite, je vais gâcher singulièrement leur plaisir...


les innocents

Vous aurez été prévenu.
D'abord, elle vit cette mission comme un rêve : le lieu est magnifique mais reclu, on assiste presque à un huis clos ouvert, puisque tout tourne autour de la maison, et il y a en tout et pour tout cinq personnages. Ce relatif enfermement et la pression énorme imposée par l'oncle (qui l'oblige à tout gérer toute seule) sont une piste qui explique les émotions ressenties par la gouvernante. D'autant qu'elle apprend dès son arrivée que la précédente gouvernante est morte dans la demeure il y a peu !
Ensuite, fait essentiel, l'oncle lui a tout simplement tapé dans l'oeil. Ce n'est pas une raison pour voir des fantômes partout, mais la gouvernante est une "vieille fille" : elle vit cette affectation comme un cadeau offert par un homme puissant, qu'elle idolâtre presque (elle en parle très souvent), et qui, comble du sadisme, lui a tout simplement interdit de reprendre contact avec lui. De fait, cet amour est inassouvi, et il se déporte vers celui qui se rapproche le plus de l'oncle : son neveu.
Le neveu maintenant : il est étrange évidement, comme tous les enfants, et c'est d'ailleurs un thème récurrent du film. Il est parfois tendre comme un amant, brutal comme un homme, dominant la nounou dans une scène assez inquiétante. Il est apparemment perturbé mentalement puisque, on l'apprend plus tard, il a découvert le corps du palefrenier mort. On peut noter que le palefrenier était le seul homme de la maison, et que Miles - sûrement en recherche de figure paternel - l'idolâtrait.
Il y a encore beaucoup de raisons qui pourraient faire basculer Miss Giddens dans une folie relative, mais en mélangeant tout cela, on peut comprendre que la pression, l'ambiance générale, et l'instabilité provoquée par ces éléments mènent à des hallucinations... et valide de toute évidence la thèse du drame psychologique.
Ou pas.


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Le roman d'Henry James "The Turn of the Screw" fut maintes fois adapté, réécrit, plagié par le cinéma, mais "The Innocents" est souvent considéré comme la meilleure version de l'histoire, allant bien plus loin que le livre. A tel point qu'il est désormais entré au rang des classiques essentiels du cinéma fantastique.
Il faut bien dire que le film met tous les atouts de son côté : mise en scène par Truman Capote, direction hyper maîtrisée de Jack Clayton, une photographie magnifique signée Freddie Francis... l'interprétation est à la hauteur, et beaucoup de choses sont du domaine du ressenti, apporté par l'ensemble de ces facteurs et non par l'un d'eux en particulier.
On comprend donc aisément pourquoi "The Innocents" fait aujourd'hui partie des incontournables.


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