* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

patrick

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Aka: coma

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Kathy, fraîchement séparé de son fiancé, s'établie dans une nouvelle ville pour recommencer sa vie à zéro. Elle trouve un poste d'infirmière dans l'hôpital Roget, où elle a la charge de s'occuper d'un dénommé Patrick - dans le coma depuis plusieurs années. Techniquement mort, il est maintenu en vie par des machines, et le Docteur Roget lui même n'est pas capable de dire s'il est réellement mort. Ou vivant, puisque Patrick crache à tout bout de champs sur les personnes à sa portée !
Kathy devra donc faire la toilette au joli Patrick, le surveiller, et tout ce que fait un infirmière en général (piqûre, premier soin et acte sexuel).
Parallèlement, elle se fera un nouveau petit copain, le Docteur Wright, éminent spécialiste du cerveau, et essayera de se rabibocher avec son ancien petit copain..
Mais à force de cotoyer 'Leguman', Kathy finit par se demander s'il n'est pas vivant, et même : s'il n'a pas des pouvoirs de télékinésie.


coma

La chose la plus marquante dans "Patrick", et qui risque de vous hanter quelques moments après la fin du film, c'est le regard de celui-ci. Rarement on aura rencontré légume aussi expressif (a part le céleri rave, qui, avouons le, à toujours une dégaine de loubard sorti dont on ne sait quel potager).
Déjà, on peut applaudir Robert Thompson pour sa sur-interprétation. Yeux super-écarquillés, ahuri au delà du raisonnable, au bord de l'auto-énucléation par contracture occulaire, on frise l'exploit !
Bref, ce type fout le froid dans le dos , les chocotes, juste avec ses yeux exhorbités. Pourtant, le choix de l'acteur n'est pas évident car il s'agit d'un illustre inconnu, ayant peu tourné. Et surtout, avec ces cheveux frisés et blonds, il aurait plus une tête à s'appeler Régis ou Lionel que Patrick.
Sachons apprécier la prise de risque de Richard Franklin !
...Merci pour lui.


patrick

Amusant aussi, le film est quasi exempt de bien-pensance ou d'apitoiement. Le sujet s'y prête particulièrement bien pourtant.
Tout le monde dans l'hopital regarde donc "Patrick", le lave, le tourne, le retourne, mais en faite, tout le monde se fout de lui. Seule la chef infirmière éprouve un léger sentiment pour lui, qui s'approche plus de la haine ou de la peur. Sentiment qu'elle exprime d'ailleurs assez bien dans une longue tirade que, faute de mémoire, je ne pourrais vous retranscrire ici.
Vous me direz : "nous sommes dans un milieu hospitalier, alors les sentiments ne sont pas de rigueur, mon cher." Certes !
Mais encore plus étrange, c'est que ces personnages issus du milieu hospitalier ne semble avoir d'émotion non plus en dehors de l'hôpital. Je veux dire par là qu'à aucun moment, on aperçoit quelqu'un avoir peur, avoir envie, être amoureux, haïr - à part infirmière en chef, encore une fois.Kathy perd bien un peu les pédales à un moment, mais elle reprend vite bien son calme et retourne s'assoir gentillement.
Ainsi, Kathy regardera Brian Wright se noyer sans vraiment paniquer ni réagir (à peine tend-elle la main pour l'attraper). Elle couchera avec lui de la même façon, sans montrer de désir à son endroit.
Le docteur tue une grenouille devant nous, électrifie Patrick, découvre un cadavre dans sa cave sans montrer la moindre émotion. Alors que tuer une grenouille, c'est abominable, non ?


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Quand Patrick utilise une machine à écrire pour communiquer avec la belle Kathy (et pour écrire des formules mathématiques qui ne veulent rien dire), révélant par là même sa capacité à utiliser la télékinésie, on découvre un homme érudit, sûrement sensible - bien que n'ayant à priori pas totalement liquidé son oedipe.
Et, bien que Lionel Patrick utilise ses pouvoirs pour effrayer le petit personnel et occire le chaland, ce décalage empathique (entre les autres, les philanthropes totalement misanthropes, et lui, le mysanthrope gentil) lui permet de briguer la première place de l'être le plus humain du film. Assez incroyable !
D'un point de vue purement cinématographique, "Patrick" n'est pas mauvais, bien qu'accusant un rythme assez lent. Quelques plans sont rudement bien pensé, et certaines scènes rondement menées (comme l'entretien de Kathy par la chef infirmière et le Docteur Roget). On remerciera aussi le chef décorateur (s'il y en eut un), qui a fait un travail assez singulier sur l'hôpital, du moins aux niveaux des quelques accessoires (tableaux, statues, etc.), puisque pour le reste, tout cela est assez vide (un mur blanc, une porte, un mur blanc, une porte...).
Les effets spéciaux sont peu nombreux, mais de facture correcte. Mais ne vous attendez pas à du sang par litre, Régis "Patrick" est avant tout un film d'horreur psychologique !


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Bref, "Patrick" est un de ses petits films agréables, qui a aujourd'hui une certaine réputation. Techniquement correct, il souffre surtout d'un manque d'envergure qui le placera pour toujours hors du podium des films qui font vraiment peur.
Il a de vrais qualités que j'ai évoqué plus haut, mais aussi des défauts, et le plus important est sans aucun doute qu'il ne pousse aucune idée jusqu'au bout, préférant se disperser - hésitant entre suspense, horreur, drame, angoisse.
De même, l'absence d'une véritable ambiance (qui aurait pu être apporté par la musique ou la lumière - d'ailleurs, en Italie, le film est sortie avec une musique de Goblin) manque cruellement, ce qui lui est tout à fait dommageable.
Il mérite quand même d'être vu, car après cela, vous ne regarderez plus jamais les "Patrick" d'un même oeil.


maht

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