* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

satanico pandemonium

satanico pandemonium

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Soeur Maria est une jeune nonne qui aime se promener dans la nature et qui aime aussi les agneaux, élevés par Marcello, un pâtre à peine entré dans l'adolescence.
Mais il faut se méfier de l'extérieur du couvent, Maria, on peut y faire de vilaines rencontres !
Trop tard. Soeur Maria ne m'a pas entendu...
Au détour d'un arbre, qu'est ce qui apparaît sous les yeux effarés et purs de la jeune nonne ? Un homme nu comme un vers.
C'est bien entendu le début de la fin pour notre soeur, qui n'avait sans doute jamais vu de sexe masculin jusqu'alors. Commence alors pour elle un calvaire : Maria est poursuivie par des images sexuelles et tentatrices. Et elle a beau se flageller, rien n'y fait, Luzbel est à sa poursuite et il ne la lachera pas !


satanico pandemonium

"La sexorcista", outre son titre prometteur, est un de ces petits films peu catholiques qui font partie de ce genre qualifié de nuns'ploitation. Et comme tous les fims de ce genre il met en scène une nonne, jolie, jeune, qui sera tourmentée par le maléfique, tout en incorporant des scènes érotiques et de 'violence' (meurtres, pulsions de haine, etc) ; tout ceci dans un couvent bien austère sur fond de chants et de musiques religieuses.
Ceci dit, même si c'est vrai pour "La Sexorcista", je vous rassure, l'érotisme est très très soft, le caractère provocateur de l'oeuvre se situant ailleurs.
Gilberto Martinez Solares nous montre tout de même le corps en nu intégral de notre héroïne voilée, mais il restera dans la suggestion pour tout ce qui est des ébats amoureux, qu'ils soient saphiques ou non.
Rien de réellement choquant dans ces scènes, si ce n'est tout de même, qu'ils mettent en scène une nonne....


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Ce n'est pas non plus les différentes allusions au malin, qui sont plutôt manichéennes et maladroites. En effet, le film a un aspect relativement naïf à ce sujet, mettant tous les symboles les plus grossiers pour nous montrer que Soeur Maria a le diable dans le ventre.
Entre notre charmant Luzbel, ténébreux et chaud comme la braise, qui apparaît dans les flammes croquant une pomme ou tendant la pomme à la nonne désarmée, et les images de serpents sortant du verre de Maria lors du dîner, on ne peut dire que le réalisateur soit des plus innovants... Mais ceci donne un petit charme désuet voire enfantin à l'ensemble.
De même les effets spéciaux peu poussés peuvent faire sourire : et hop, pas de chichi, les disparitions grotesques de Luzbel ou de la pomme consistent uniquement en une superposition d'images avec ou sans l'objet de convoitise..
Pourtant l'ensemble est bien réalisé, la photographie est jolie et les paysages aux alentours du couvent pourrait d'ailleurs faire penser aux décors d'Ossorio, dans la série des "Blind Dead" et particulièrement "La noche del terror ciego". On sent que Gilberto Martínez Solares est un technicien honorable et qu'il a sans doute voulu ce côté carton pâte.


satanico pandemonium

Car nous y voilà... L'intérêt de "Satanico Pandemiun" se situe dans le traitement décalé du sujet, et la volonté affichée de naïveté dont fait preuve le réalisateur.
Avec notre regard du XXI ème siècle, on peut s'amuser, voire se moquer, de ces symboles grossiers qu'il sème un peu partout, et de l'aspect très seventies du film. Luzbel est bien beau, mais il ressemble un peu au Ringo des années 70 (pour ceux qui ne connaissent pas, honte à eux ! Il s'agit du merveilleux Ringo, chanteur et époux de Sheila, beaux ténébreux charmeur, mais, il faut l'avouer, un tantinet ringard, déjà en son temps..) et la fraicheur de la scène finale montrant des nonnes chantant le sourire aux lèvres, nues, une guitare sèche à la main (on s'attendrait presque à les entendre chanter la célèbre chanson de Soeur Sourire) ne manque pas d'amuser le spectateur.
L'intérêt du film se trouve également, à bien y regarder, dans un autre registre, celui-ci plus sérieux : il en profite, l'impie, pour nous faire une critique de la religion et de ses dérives. Il nous présente un couvent froid, dénué d'émotion, violent, ou les privations et les inégalités sont de mise. En effet, la mère supérieure, vieille et raciste, hésite pas à maltraiter les deux nonnes servantes, uniquement à cause de leur peau noire ; celles-ci dorment à même le sol, à la cave, alors que les soeurs blanches ont une chambre. De même il inclut, à la toute fin, des scènes rapides montrant les horreurs et tortures effectuées par l'inquisition.
Alors ? Qui est le plus vil dans "La Sexorcita" ? Cette pauvre nonne ? Le malin lui même ? Ou la religion et ce qu'elle permet de faire ?


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Aussi, même si l'érotisme reste soft, et si certaines apparitions du malin peuvent faire sourire, Gilberto Martínez Solares n'hésite pas à provoquer et à aller au delà du politiquement correct.
Il effectue un traitement un peu différent des autres films de nunsploitation basiques, de par sa critique sous jacente de la religion (même si celle-ci n'est qu'une ébauche), de par aussi des scènes qui dans leur contenu pourraient choquer : notamment celle où notre soeur Maria tente de violer le jeune Marcello. Car voir un enfant, adolescent être un objet de sexualité est plutôt rare dans une réalisation cinématographique (il y a une scène du même type, mais avec un adolescent consentant dans le superbe film de black'sploitation "sweet sweetback's baadasssss song" ) et met toujours mal à l'aise.
Les scènes de meurtres et d'accès de violence sont courtes mais efficaces, plutôt agréables.
Dans l'ensemble, "Satanico Pandemonium" est agréable à visionner, il est parfois amusant, parfois déstabilisant, mais il reste constant jusqu'au bout. On ne s'ennuit pas, le rythme est correct, la musique tribale qui annonce l'arrivée du malin est agréable, les acteurs jouent bien, le tout est correctement réalisé. La légèreté de l'ensemble est plaisante .
Il n'y a rien à redire, pas une faute de goût.
Pour autant, je ne suis pas restée éblouie, ni indignée, ni fascinée... mais j'ai passé un moment sympathique en compagnie de soeur Maria et de son ténébreux Lucifer (même si j'aurais aimé en voir un peu plus de son corps d'athlète...).
Un film à regarder un dimanche après midi, pour passer un bon moment, sans plus.


bloodyjane

Affiche(s)

jaquette