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nuit des horloges (la)

nuit des horloges (la)
Aka: la nuit transfigurée

nuit des horloges (la)

Une jeune femme brune, Isabelle, est assise sur une vieille chaise pliable, le long d'une voie ferrée abandonnée, sur laquelle la nature a repris ses droits.
Elle lit un livre jauni et ramasse une tête de poupée de sorcière.
A ce moment arrive doucement une autre femme portant des ailes noires de papier, celle ci lui demande ce qu'elle fait là.
Isabelle lui répond qu'elle est venue, poussée par ses souvenirs de petite fille, sur les traces de son cousin Michel Jean, cinéaste aujourd'hui décédé.
A partir de ce moment, la jeune femme va rencontrer sur les différents lieux de tournage de son cousin, les personnages de ses films.


la nuit transfigurée

Vous trouvez mon récit du film ennuyeux ? Et bien il est assurément encore moins ennuyeux que ce dernier film de Rollin !
Et pourtant, j'attendais avec impatience de le voir, l'ayant raté à sa sortie car j'avais d'autres choses en tête. Je l'attendais, la tête remplie de milles rêves, trop heureuse de rencontrer à nouveau notre réalisateur de l'horreur français qui fait couler tant d'encre, détesté des uns, adulé des autres.
Je me situe d'ailleurs souvent dans le clan des admirateurs, aimant tout particulièrement ses premières oeuvres, si délicates, et n'arrivant pas à rester sévère avec ses réalisations que l'on peut qualifier d'approximatives... j'y trouve toujours un petit quelque chose qui me plaît.


nuit des horloges (la)

Malheureusement ici, c'est la déception "bête et brutale", comme dirait un certain (Brel). Je suis tombée du haut de mes espérances.
Alors pourquoi ? pourquoi je n'ai pas aimé ? Pourquoi je l'ai trouvé si ... plat. La 'platitude', ce mot qui sonne de façon admirable dans la bouche de Houellebecq (un autre michel) transcrit parfaitement "La Nuit des Horloges"; je ne trouve pas d'autre mot pour qualifier ce film...
Est-ce que j'attendais trop de ce dernier film ? Sans doute.
Mais là n'est pas l'unique raison.
Tout d'abord, il y a Ovidie.
Mais pourquoi faire appel à cette actrice ? Son facies, que je trouve si indélicat m'a gênée tout le film. Je n'aime pas cette actrice, elle m'agresse, je la trouve grossière, tout comme ses tatouages. Et même les traits de son visage, son corps me gênent, c'est physique.
Le problème, c'est que Rollin semble aimer la filmer et qu'elle est au centre du film. Difficile donc d'apprécier une réalisation dans de telles circonstances.


la nuit transfigurée

Bon, admettons... Mais encore ? Pourquoi ce rejet de "La Nuit des Horloges" ?
Pourtant les décors sont agréables et typiques de Rollin ; la forêt incendiée est un lieu qui pourrait très bien sous l'oeil de la caméra devenir onirique, emprunt de mélancolie, mais il n'en est rien.
A la différence des autres Rollins critiqués sur AKA, les scènes, les situations, les personnages se succèdent platement sur la pellicule, sans réel lien entre eux. Tout semble accolé, et manque de 'liant'. Il y a très peu d'intrigue, voire pas du tout.
L'ensemble consiste à montrer quelques réalisations passées (et choisies) de Jean Rollin. Sans conteste, il a choisi les plus intéressantes, mais cela suffit-il ?
Ainsi le film est morne, sans rythme. Ceci dit, la platitude peut être exploitée cinématographiquement, parfois elle a son petit effet... Elle aurait pu créer un univers, une magie, une mise en scène carton-pâte qui titille l'imagination comme parfois au théâtre, créer du dégoût, du mal-être... bref un sentiment quelconque ! mais non.... Rien.
Le petit coeur de votre rédactrice n'a pas fait de soubresauts, rien n'est venu créer le frisson, c'est le "vide" comme dit cet autre michel, Houellebecq.


nuit des horloges (la)

Alors pourquoi ?
Peut-être parce que cette oeuvre est différente des autres. On dirait que Rollin se retourne sur sa carrière de cinéaste avec un peu trop de foi en son art. Il perd de vue tout ce qui a fait les premières réalisations....
Il en devient presque prétentieux.
Prétentieux dans le traitement du souvenir. En gros, Rollin nous montre comment il a été bon. La façon dont est prononcé le nom du cinéaste "Michel Jean",, la manière dont il est sacralisé devient à la longue insupportable.
Jean Rollin fait ici une sorte d'auto hommage, qui rapidement, fait déplacé.
Il nous expose aussi, comme dans un musée statique et froid, ce qu'il aime : ses livres, ses affiches de film, ses statues, etc. Mais nous n'avons pas le sentiment qu'il le fait dans un but de partage... Il étale, grossièrement, impose, il se complait presque...se mettant sur un pied d'estale, lui et ses réalisations.
Vous me direz que certains réalisateurs sont tout aussi égocentriques et suffisants, et ceci ne gâche pas forcément la réalisation... Il est vrai. Mais ici, ceci est dérangeant, peut-être parce que grossier et insistant.
Rollin entre dans un certain âge également. Et j'avoue que c'est un peu agaçant de le voir ainsi radoter. Radoter ses films, ses lieux fétiches, les phrases de ses acteurs, du type "les morts de cinéma sont bien plus sublimes que les morts réelles". Non seulement, celle ci n'est pas des plus originales, mais on nous la serine constamment, au cas où nous n'aurions pas compris...
Bref, Rollin veut nous faire entrer dans son univers mais n'y arrive pas. La magie n'opère pas.
J'ai beaucoup de mal à trouver quelque chose d'intéressant à "La Nuit des Horloges". Je dirais que les images plaisantes sont celles de ces autres films intercalés ça et là, où justement, sans le vouloir il nous y emmenait, dans son univers personnel.
Donc pour une fois, je ne défendrais pas Jean Rollin, ni sa "Nuit des Horloges" et je ne conseillerais ce dernier film qu'aux fans soit de Rollin, soit d'Ovidie.


bloodyjane