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beast must die (the)

beast must die (the)
Aka: le mystère de la bête humaine, cinq griffes dans les ténèbres, black werewolf

beast must die (the)

Tom Newcliffe, jeune homme beau, fort, et ténébreux, chasseur dans l'âme, a invité plusieurs personnes dans sa somptueuse demeure. On apprend que les invités sont triés sur le volet en raison d'un détail qui a son importance. Ils ont tous soit commis des actes peu catholiques, soit eu des rapports avec des phénomènes étranges. Et pour cause... selon Tom Newcliffe, l'un d'entres eux se transforme en loup garou la nuit tombée et dévore si possible les humains...
Il leur annonce donc le but de leur présence dans cette superbe demeure lors du repas : il est décidé à traquer la bête et à l'éliminer. Les convives ont le sang glacé, et on peut les comprendre, on n'a jamais vu accueil si indélicat.
Et comme certains invités ont rapidement l'idée de prendre la poudre d'escampète, notre chasseur jette les clés de voiture au fond du lac. Ils sont à présent prisonniers.
Ainsi, la traque peut commencer, la villa étant équipée entièrement (dans le parc et la maison) de caméras de surveillance....
Mais qui peut bien être le loup garou ?


le mystère de la bête humaine

Plutôt original comme incipit non ? Commencer un film d'horreur par une énigme que Tom, le héros doit résoudre et par là même le spectateur est plutôt bienvenu. On se croirait presque dans un jeu de cluedo.
Ainsi, " The beast Must die " est construit du début à la fin sur cette enquête, et le spectateur se prend vite au jeu.
Il faut dire que le tout est bien construit, que la réalisation est parfaite, et que Paul Annett a admirablement bien calculé les doses nécessaires d'énigmes, de suspens, de rythme, de rebondissements pour réaliser un film attrayant. "Le mystère de la bête humaine" joue très bien son rôle de divertissement, sans tomber dans le film " whodonit " prise de tête ou lourd.
Il reste de bout en bout léger et rythmé.
Le réalisateur a à coup sûr un certain savoir faire.


beast must die (the)

Et Les personnages participent de cette réussite. Ils sont particuliers, ils ont tous un petit quelque chose d''intéressant. Ils ont une certaine classe, ils sont fins et raffinés, et représentent parfaitement l'idée que l'on se fait du charme anglais.
Pavel, sorte de Dandy déjanté, alcoolique, torturé et fragile est attachant. Il n'est pas sans rappeler le magnifique Terence Stamp, que l'on rencontre dans "Histoires extraordinaires" (un Terence Stamp moins grandiose, certes, plus populaire, mais du même ordre). Le docteur Christopher Lundgren (alias peter Cushing), scientifique expert en loup garou ajoute l'indispensable crédibilité scientifique. Le soupçonné égorgeur moustachu fait froid dans le dos. La jolie Davina a ce charme particulier des femmes que l'on sent capable de sombrer et de vous entraîner dans l'obscur, Caroline, la femme de Tom au caractère de feu, révèle cette grandeur de la femme humiliée en colère qui se retrouve parmi les vulgaires suspects et qui souffre du manque de confiance de son aimé...
Et c'est sans compter Tom, le héros obsédé et littéralement mangé par sa traque qui est plutôt impressionnant dans son rôle de guerrier. Son agressivité devient "palpable physiquement"au fil de l'aventure, sa peau noire luisant de plus en plus sous les lumières des caméras.
Bref, le casting a été soigné, les acteurs sont charismatiques, sans tomber dans la dérive de la profondeur psychologique inutile, et tous les personnages pourraient bien être cette bête humaine qui aime tant dévorer la chair fraîche.
Et même Le loup garou a de la classe : c'est tout simplement un beau loup noir, sans effet particulier ; ce qui n'est pas plus mal... Il était effectivement inutile de se fourvoyer dans des transformations ridicules qui auraient alourdi l'ensemble alors que ce loup là convenait tout à fait.


le mystère de la bête humaine

Ainsi, la célèbre maison de production anglaise "Amicus", qui a également produit l'intéressant "Asylum" (sur AKA) a eu raison de confier son argent à un réalisateur comme Paul Annett...
D'autant plus que le petit côté "black" du film met du piquant à la réalisation. Il est évident que c'est une époque où la touche blackex est à la mode, certains films tels Blacula (1972), Blackenstein (1973) ou encore shaft et l'excellent "sweet sweetback's baadasssss song" (1971) ont eu leur petit effet à leur sortie.
Et l'univers sonore du film est plutôt sympathique. En effet ce son groovy des années seventies qui colle à la peau des artistes afro américain sied parfaitement à l'action et à l'intrigue ; il ajoute du rythme à l'ensemble. Et la Bande Originale constitue une composante intégrante de "The Beast Must Die".
Là encore, nous avons affaire à un bon technicien.
Son compositeur n'en est pas à sa première BO, il avait composé également celle de "Asylum", du célèbre "Tales from the Crypt", ou encore celle du très Z : "Night After Night After Night".


beast must die (the)

Ainsi, "The Beast Must Died" s'en sort bien avec le budget qu'il a. Ce n'est pas bien entendu le film du siècle, mais il réussit bien son rôle premier de divertissement cinématographique.
Il est correctement réalisé, avec une bande sonore agréable, l'intrigue est bien ficelée, les personnages peu profonds mais assez travaillés pour rester plausible, les acteurs sont charismatiques, le rythme soutient l'attention du spectateur jusqu'au bout... Bref, on ne s'ennuie absolument pas, le temps passe vite et on se distrait.
Et même si la voix off nous propose de jouer à ce 'ciné-cluedo' et de trouver qui est l'intrus sauvage caché parmi les invités, ceci reste très ludique. Ainsi, notre cerveau de spectateur fatigué après une dure journée ne sera pas trop sollicité.
Le seul reproche que l'on pourrait faire au réalisateur est d'avoir choisi de filmer les scènes d'attaque du loup garou dans la pénombre, sans doute par manque de moyen, pour éviter des effets spéciaux trop onéreux. Mais parfois, on n'y voit rien du tout, et c'est un peu gênant...
Mais l'ensemble est réussi. Je qualifierais "Le mystère de la Bête Humaine" de simple, agréable et amusant.
Un film à regarder le soir, avant d'aller, détendu et le sourire aux lèvres, sombrer dans les bras de Morphée.


bloodyjane

Affiche(s)

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