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prophecy

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Aka: prophecy - le monstre, prophecy: the monster movie

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Le docteur Robert Verne est un homme bon. Un docteur qui aide les gens pauvres dans les ghettos sordides où se côtoient rats et bébés.
Pour changer un peu son quotidien, un collègue l'invite à étudier une fabrique de papier, en plein coeur du Maine, qui pose des problèmes avec les amérindiens locaux. Il emmène avec lui sa charmante épouse, pensant profiter de l'occasion pour prendre quelques vacances (baignade, pêche, picnic dans la forêt).
Arrivé sur place, il mesure la tension qui s'est accumulée entre les indiens - se plaignant de souffrir de problèmes congénitaux - et le personnel de l'usine de papier. Chacun rejetant, bien entendu la faute sur l'autre : les américains se plaignant de l'alcoolisme et de la violence des indiens, les indiens sur l'exploitation irresponsable de la forêt.
Mais petit à petit, Robert remarque quelques détails troublants. Il voit des saumons gigantesques, des têtards colossaux et des racines d'arbres qui n'ont rien de normal.
Pendant ce temps, les gérants de l'usine continuent à nier l'évidence, et les quelques meurtres abominables qui sont commis au coeur de la forêt leur permet de jeter l'opprobre sur les locaux.


prophecy - le monstre

John Frankenheimer est un réalisateur qui a produit bon nombre de films, certains prestigieux, mais qui n'a pas fait d'autres excursions dans l'horreur, si ce n'est cet étrange opus qu'est "Prophecy". "Heureusement" pourront dire certains ! Car ce qui est sûr, c'est que le film souffre de défauts assez incompréhensibles, même en considérant les quelques années qui nous séparent de sa sortie en salle..
Pourtant, on devine la bonne volonté qui se présente derrière chaque plan, chaque scène de "Prophecy". Nous avons un grand film au budget conséquent, qui nous offre une fresque écologique censée virer au cauchemar, écrit par David Seltzer (le papa de "The Omen").
Un beau casting de seconds couteaux et un réalisateur réputé... mais où est le grain de sable qui enraille la mécanique sublime de ce cinéma à l'américaine ?


prophecy

"Prophecy" commence comme un film d'horreur, très sympathiquement d'ailleurs, puis s'embourbe très vite dans des considérations écologiques et l'histoire de l'usine face aux indiens. Il s'y empêtre tellement qu'on en vient à oublier que le film a commencé comme un film d'horreur - et que c'est ce qu'il est... ou est censé être !
Pour tout vous dire, quand à un moment le responsable de l'usine accepte que la papeterie fait du mal aux indiens, je m'apprêtais déjà à me lever en pensant que le film était fini - "ouf, tout est bien qui finit bien, tout le monde va prendre ses responsabilités et les indiens pourront continuer à courir dans la nature avec leur carquois et leur arc" - (Il faut dire que j'étais un peu pressé qu'il finisse, ce film).
C'est à ce moment que le film d'horreur re-commence, et qu'on assiste à l'apparition foutraque d'un ours mutant assoiffé de sang. On l'avait bien sûr deviné vaguement au début, et par quelques détails ça et là, mais tous ces indices étaient totalement sortis de mon esprit. C'est un peu étrange pour un film d'horreur non ?


prophecy - le monstre

Ne jetons pas la pierre à Frankenheimer qui soigne toujours la réalisation et le cadre, mais sans révolutionner le genre. On pourrait dire qu'il filme l'ensemble avec un intérêt poli, se contentant de faire son travail.
Ne jetons pas la pierre aux seconds-couteaux, tous admirables dans leur rôles stéréotypés (le docteur altruiste à grosse barbe, l'indien non violent au regard sévère mais à la sagesse ancestrale, la femme en conflit contre son mari qui ne veut pas d'enfant, le méchant patron d'usine "bon bougre" qui ne se rend pas compte qu'il fait tant de mal, etc.).
On pourrait jeter la pierre à David Seltzer ! Mais non, car si le scénario est pétri de bons sentiments un peu lourdingues, il fait tout de même le minimum syndical. (très minimum)
Alors qui ? Les types des effets spéciaux, le chef op ? La scripte ? C'est quand même pas le perchman qui a foiré le film !!!


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Et si le problème était un peu la faute de tout le monde ? Et si Frankenheimer avait fait un peu plus qu'un travail propre ? Si David Seltzer avait fait un peu plus que suivre les techniques du "petit scénariste pour les nuls" ? Etc.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit. On a tous vu de ces petits films qui ne méritent pas mieux que l'adjectif minable, mais qui s'en sortent par une sorte de magie improbable. Parce que le costumier tient un petit rôle, parce que l'acteur principal est parfois cadreur, parce que tout le monde donne le meilleur de lui même.
Dans "Prophecy", on a plutôt l'impression que tout le monde donne le minimum, et se contente de faire correct. Pas au mieux ! Pas bien ! Juste correct.
Tant et si bien qu'on aurait envie d'être porté par cette histoire qui pourrait presque trouver résonance en nous. On s'accroche quelques secondes, puis paf, l'ambiance est cassée par on ne sait quoi.
Si la partie écologiste se contente de cet "à peu près" constant, la partie horrifique souffre littéralement de ce manque de souffle. Comment tenir en haleine si personne n'y croit ? "Prophecy" donne la réponse à cette question : C'est impossible.


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