* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

tourist trap

tourist trap
Aka: le piège, horror puppet

tourist trap

Un jeune couple tombe en panne d'essence en pleine campagne. Alors que Monsieur part à la recherche d'une station, Mademoiselle se fait dorer au soleil, sur le bord de la route. C'est un bon moyen de passer le temps en attendant les amis qui ont pris du retard.
Elle est bien loin d'imaginer que son fiancé, alors qu'il pénètre dans une station essence déserte, se retrouve piégé par... des mannequins diaboliques et animés ! Et voilà comment on se fait bêtement mais sûrement trucider dans la force de l'âge.
Mais revenons à notre demoiselle qui se fait dorer au soleil... Le reste de la bande arrive enfin. Ils partent tous à la recherche de leur copain. Mais malchance, ou damnation ?, les voilà eux aussi en panne.
Les demoiselles vont se faire une petite baignade dans le lac (ben oui, quoi de plus normal ?), pendant que Jerry, l'homme de la situation, tente de réparer la voiture. C'est le privilège d'être belle, fragile et douce : on ne met pas les mains dans le camboui.
Là apparaît un homme étrange, Monsieur Slausen. Il se propose d'aider ces jeunes gens et d'accueillir les filles dans sa modeste demeure pendant qu'il partira chercher de l'aide avec Jerry.
Cependant, il reviendra seul, prétextant avoir laissé Jerry à la ville.
Avant de partir le rejoindre à nouveau, il met en garde les 3 demoiselles : il ne faut pas quitter la maison, ce serait trop dangereux.
Et bien sûr, les unes après les autres, les vilaines demoiselles vont braver l'interdit... tant pis pour elles !


le piège

"Tourist trap" est un thriller dans toute sa splendeur : il y a le tueur fou, les jolies demoiselles apeurées, les instants de suspense, il se déroule dans un endroit fermé duquel il est impossible de s'échapper... Bref, on pourrait dire que c'est un thriller comme tant d'autres.
Ceci dit, il a une particularité bien à lui même s'il surfe largement sur les clichés du genre. Et sa grande force réside dans la personnalité complexe du tueur.
Tout d'abord, c'est un psychopathe schizophrène, ok, mais ses crimes ne sont pas ordinaires : il utilise la kinesthésie, et se sert de ses mannequins pour trucider ses victimes, ou pour les immobiliser. C'est plutôt original d'utiliser les objets de la maison ou des mannequins pour faire le sale boulot à sa place... ce qui le déculpabilise grandement aux yeux du spectateur. Car on ne le voit pratiquement pas commettre des actes odieux, il ne touche quasiment pas ses victimes.
Je dis quasiment, car il y a une scène où le tueur enduit le joli visage de sa victime avec de la cire... afin de la faire souffrir dans une lente agonie... Cette scène sadique de torture et qui fait un peu froid dans le dos, est la seule du genre, surprenant le spectateur qui jusque là trouvait le personnage fort sympathique...
D'ailleurs c'est un procédé finement utilisé par David Schmoeller : la surprise. Celui-ci ne laisse pas s'installer la routine et change de ligne directrice continuellement. Mais j'y reviendrais plus tard.
Ainsi, le tueur change régulièrement de comportement (comme de masque), montrant tout un panel d'émotions, allant de la tristesse, à la colère, à la peur, à la pitié, à la méchanceté, etc.
Bref, il est insaisissable, complexe et imprévisible.


tourist trap

Je le disais plus haut, notre tueur demeurent malgré tout sympathique... On ne peut s'empêcher d'avoir une pointe d'affection pour ce personnage torturé. Ceci est sans doute dû au fait qu'il apparaît souvent comme " fragile ", brisé par la vie, ayant grandement souffert. Bien sûr, ce n'est pas une raison pour tuer, je vous l'accorde, mais ... il a tout de même des excuses.
Son comportement enfantin nous trompe également, et trompe ses victimes. Il apparaît gentil et sincère, comme un cow-boy protecteur, une espece de prince charmant en voie de disparition, qui défendra corps et âme la douce et blonde demoiselle - pour mieux la trucider plus tard !
Il a des multiples facettes. Ainsi, il incarne divers personnages, se déguisant au grès de ses humeurs en femme, en homme, en enfant et même en Elvis presley... Certains de ceux-ci sont naïfs, limite 'à l'eau de rose'. On le voit même parfois affublé d'un masque et d'une perruque de petit garçon, accroupi, en train de jouer à la poupée, comme un enfant... Et là, on hésite entre le trouver attendrissant - ou glauque.
Mais lorsqu'il se lève et qu'on voit cette silhouette de monstre, immense, sombre et mastoc, il ne laisse nul doute : c'est un monstre, un croque-mitaine, un ogre mais surtout pas un petit garçon innocent...
Ainsi, nos émotions vacillent d'un instant à l'autre et j'ai beaucoup aimé être régulièrement trompée, touchée, déstabilisée par ce tueur hors norme, sensible et insaisissable, comme l'est d'ailleurs l'héroïne principale, Molly.


le piège

Parlons en de Molly, l'élue de notre tueur... Elle n'a rien à voir avec les starlettes modernes, libérées et délurées. Non, non, Molly est très " vieille France ", prude, chaste et relativement naïve. Mademoiselle rêve du prince charmant et notre tueur aimerait jouer ce rôle. Ils vivent tous les deux dans le passé, ils aspirent à une vie d'un autre temps, où les valses étaient de mises.
C'est d'ailleurs surprenant que le réalisateur ait choisi de mettre en avant cette demoiselle, nettement moins jolies, nettement moins sexy que Tanya Roberts, adorable avec son petit short court. Mais son choix semble judicieux, bien que le physique particulier de la demoiselle peut déranger.
Elle contribue à cette ambiance singulière, rétro et volontairement désuette du film. Tout comme Chuck Connors, avec son chapeau de cow-boy et son fusil. Tout comme la bande sonore criarde qui fait penser à celle des vieux films des années 40 . Tout comme ces mannequins vieillots et sortis d'une autre époque.
Et c'est cette atmosphère propre aux vieux contes effrayants qui ont bercé notre enfance qui fait tout l'intérêt du film.
Car, il faut l'avouer, le tueur nous rappelle inévitablement le grand méchant loup, ou l'ogre qui se cachait sous notre lit. Et la demoiselle blonde avec sa robe blanche a tout de la gentille petite fille, qui se fera croquer.
Et certaines scènes jouent avec nos peurs enfantines, restant donc fortement efficaces.


tourist trap

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur "Tourist Trap". Ce film n'est pas un simple thriller comme tant d'autres, il est réellement différent.
Outre tout ce dont j'ai fait état plus haut, concernant cette atmosphère particulière et la profondeur des personnages, David Schmoeller a su nous présenter une réalisation originale, presque surréaliste, qui plonge parfois dans l'onirique.
Les mannequins en sont le symbole, ils sont tantôt de jolis mannequins de vitrine, tantôt des clowns et diables de boîtes à jouet, tantôt de vieux mannequins laids et poussiéreux de musée de cire...
Il y a un oscillement constant dans " Tourist Trap " entre le corps rigide, mort, et le corps en mouvement, vivant. Ainsi, les mannequins prennent vie, mais les vivants et même les morts peuvent aussi devenir des poupées de cire (que ce soit l'assassin ou ses victimes)... De même des mannequins statiques, sans vie donc, peuvent tuer les victimes en leur tombant dessus. Et comble du glauque, l'assassin conserve son ancienne femme embaumée dans une alcôve...
Ainsi, David schmoeller passe d'un univers à un autre, du vivant vers le mort et vice versa, déroutant le spectateur. Il détourne la poupée de sa fonction première, à savoir le jeu, et il joue habillement avec les émotions et les peurs enfantines.
Il ne reste jamais sur le même registre : il passe du grotesque au sentimental, au comique, au tragique... mêlant les genres, et présentant un film " décalé " comme le sont ses personnages principaux.
David Schmoeller n'a absolument pas à rougir de son premier film. Il a réussi à se démarquer des autres par de petites idées et stratagèmes bien pensés et bienvenus, par une intrigue et des personnages intéressants.
Le film a une touche personnelle, une atmosphère intéressante et des obsessions bienvenues.
Visionnez le sans crainte, vous ne pourrez être déçu !


bloodyjane

Affiche(s)

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