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bloody new year

bloody new year
Aka: les mutants de la saint-sylvestre,réveillon sanglant,horror hotel

bloody new year

Quatre amis, deux garçons et deux filles, se rendent à la fête foraine. Montagnes russes, autos tamponeuses, c'est vraiment l'éclate totale et nos amis s'amusent comme des fous. Mais les djeuns vont bientôt être interrompus dans leur partie de plaisirs insouciants par les cris d'une donzelle en danger.
Deux méchants forains sont en train de la tyraniser : ils font tourner et retourner le manège dans lequel elle a pris place. Ils sont très méchants, la preuve : ils ont un rire gras, ils ne sont pas coiffés, ils portent des blousons de cuir et de jean, et des santiagues. A coup sûr, c'est le diable qui les envoient !
Nos jeunes, quant à eux, sont gentils. La preuve : ils ont le dernier pantalons à pince tendance, gris clair, de belles chemises et des têtes de premier de la classe. Et surtout ils sont bien coiffés.
Bref, les jeunes gentils portent donc secours à la pauvre fille apeurée, se sauvent ensemble en barque (la fête foraine se trouve sur un bord de plage), et échouent malencontreusement sur une île déserte.
Ils finissent par investir un ancien hôtel abandonné (ou presque...), afin de se réchauffer et de se remettre de leurs sensations fortes.


les mutants de la saint-sylvestre

Et bien, que d'émotions ! "Réveillon Sanglant" démarrent sur les chapeaux de roue. Et le rythme va continuer ainsi, les situations rocambolesques vont s'enchaîner, laissant le spectateur bouche bée dans un premier temps.
En effet, il faut un peu de temps pour se familiariser au genre... on se demande où on est tombé, et où veut en venir le réalisateur. Les situations les plus incongrues vont se succéder, à une vitesse plus ou moins rapide.
Et finalement, après la surprise, le spectateur cède et arrête de tenter de comprendre, et là il peut enfin prendre plaisir à regarder le film et de rire -ou pas- devant les scènes délirantes qui se déroulent sous ses yeux d'adepte de films d'horreur.
Parce que l'intérêt de "Bloody New Year" n'est pas dans une éventuelle compréhension, comme souvent chez Norman J Warren, il faut se laisser entraîner vers son univers si singulier, s'abandonner à ce réalisateur fou, sans résistance.


bloody new year

En fait, " Les Mutants de la Saint Sylvestre " n'est pas du pur Warren. D'ailleurs existe-t-il un film qui soit purement warrenien ? Je me demande... Ce réalisateur renaît à chaque film, et semble s'essayer (et souvent avec succès) à des genres différents : série B, science fiction sérieuse, film semi comique absurde.... bref, il nous surprend toujours. Il n'a pourtant pas d'obsession, si ce n'est qu'il aime l'horreur et le décalé, qu'il est excessif et n'a pas peur du ridicule. Il n'a pas non plus de " tics de réalisateur". Et pourtant, c'en est un véritable - de réalisateur. Comme on les aime tant à AKA, avec ses défauts, ses qualités et les qualités de ses défauts.
Je n'ai pour l'instant jamais été déçue devant un de ses films, qui ont une place plus ou moins chère dans mon coeur, mais qui y sont tous.
Vous l'avez compris, j'adore Norman J. Warren. Tous les Warrens. Du classique "Terror" (avec lequel il a des similitudes, bien qu'il soit mieux réussi), au délirant et excellent "Alien Prey", au très seventies britannique "Satan slave" jusqu'à l'étonnant "Inseminoid"....
Et " Bloody New Year " prendra sa place à côté de ces petits bijoux, bien qu'il soit moins personnel...


les mutants de la saint-sylvestre

Quand je dis que "Réveillon sanglant" est moins personnel, c'est qu'il est volontairement référencé. Beaucoup de scènes rappellent les grands classiques de l'horreur : notamment "evil dead" et "Amityville" (brillamment critiqué par Horribile René).
Cà et là, Warren sème quelques clichés du genre pour notre plus grand plaisir. Ainsi nos protagonistes passent devant l'incontournable panneau "Danger - keep Out" que l'on rencontre dans tout bon film horrifique qui se respecte ; le petit père Noël posé sur le comptoir de l'hôtel s'anime subitement pour montrer que la maison est sans doute hantée ; et le film est parsemé d'une ribanbelle de petits détails qui signalent : attention, vous regardez un film d'horreur, il va se passer quelque chose d'ici 3 minutes...
On y trouve aussi toute sorte de personnages délirants. Des possédés, qui ont perdu une moitié de cheveux, des fantômes qui font la chenille, des personnages dans les miroirs, des fantômes qui pleurent, vêtus de robes en vichy très sixties, des touaregs qui sortent d'un écran de cinéma pour se jeter sur les spectateurs, des espèces d'algues toutes glaireuses, monstres dont il faut se méfier, un forain qui se promène avec une barre à la main et une traînée de sang sur le visage (que bizarrement, il ne s'essuie jamais)....
La maison est hantée. Les éléments s'y déchaînent : il neige dans le salon, les pommeaux de douche et les aspirateurs attaquent, les rampes d'escalier emprisonnent, les filets de pêche sont sournois et se jettent sur les premiers venus, les ascenseurs mangent leurs passagers... bref, l'hôtel devient rapidement le musée des horreurs ou, si vous préférez, un immense train fantôme.
Plusieurs dimensions s'ouvrent et l'on passe de l'une à l'autre, perdant les repères spatio-temporels. Dans " Bloody New Year " on fête Noël et Nouvel An en plein été, la télévision diffuse les infos des années 50, et parfois la maison ne repose plus sur ses fondations, mais sur le vide - entre autres. Dans " Bloody New Year ", les filles sont des plaies, elles crient sans arrêt - ou boudent, c'est selon - et les garçons sont ridicules mais tels de vaillants chevaliers, ils courent constamment au secours de filles.


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" Bloody New Year " est une grande farce horrifique, amusante et délirante, parfois ringarde, parfois absurde mais divertissante - tout comme peut l'être une fête foraine avec ses bruits assourdissants et lumières criardes, ses manèges rapides et ses odeurs sucrées/salées...
Le film est bien réalisé, les effets spéciaux sont corrects, les acteurs jouent correctement leurs rôles de loosers des années 80, les situations sont attrayantes, le rythme soutenu.
On ne s'ennuie pas une minute, on s'amuse, on est surpris devant l'excessivité et le toupet du réalisateur. Il n'y a pas de bonne morale, pas de messages cachés (ou alors, je l'ai loupé...), pas de réflexion alambiquée... On peut ainsi laisser ses neurones au vestiaire pour passer un bon moment sans se prendre la tête - et c'est drôlement agréable parfois !
Bref, je ne peux que vous conseiller de voir " Les Mutants de la Saint Sylvestre " (ou tout autre film de ce réalisateur anglais et atypique), vous ne pourrez être déçue.
Une fois de plus, Norman J Warren a ravi votre rédactrice !


bloodyjane

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