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cat people

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Aka: la féline

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Alors qu'il se promène dans un zoo, Oliver Reed tombe éperdument amoureux d'une jeune femme serbe occupée à croquer une panthère noire. Il engage la conversation, puis la raccompagne chez elle, et à sa grande surprise est invité par la demoiselle à venir prendre le thé. Ils papotent une bonne partie de la soirée, et commencent à nouer une relation.
Mais Irena, la jeune femme, est un peu étrange : elle refuse d'être embrassée car elle a peur de ce qu'elle pourrait devenir à ce moment là, à cause de toutes ces légendes qu'on racontait dans son village en Serbie. D'ailleurs, tous les animaux la craignent, comme s'ils sentaient quelque chose de louche dans cette charmante demoiselle.
Qu'à cela ne tienne : Oliver est compréhensif et follement amoureux. Il attendra le temps qu'il faudra, et la jeune femme deviendra sienne. Le mariage ne tarde d'ailleurs pas.


la féline

Jacques Tourneur et Val Lewton, respectivement réalisateur et producteur, sont réputés pour avoir fait trois des meilleurs films d'horreur psychologiques des années 40 pour la RKO. "La Féline" est le premier de ceux-ci (les autres étant "I Walked with a Zombie" & "Leopard Man" en 1943).
L'histoire est relativement simple : bien que marié, le couple ne consomme pas, même pas un petit bisou. Oliver va donc tout essayer pour que sa conjointe surpasse ses peurs ancestrales - la psychologie, la thérapie, et peut-être même l'adultère (avec sa collègue, une jeune femme très dans son époque, la charmante Alice).
Mais rien n'y fait, au contraire, toute tentative d'emprise sur la personnalité d'Irena ne fait que l'enfermer un peu plus dans la peur de ses vieux démons.


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On ne saurait parler de "Cat People" sans évoquer la réalisation de celui-ci. La photographie, le découpage, le cadrage, le montage, la bande son sont autant de petites pépites qui influenceront des dizaines de films par la suite. A ce titre, plusieurs scènes sont devenues célèbres par leur potentiel extrêmement anxiogène.
La scène de la piscine, où Alice, l'amoureuse secrète de Oliver, a peur des reflets de l'eau et de bruits qu'elle assimile à un fauve, est devenue un grand classique.
De même pour la fameuse scène de l'"effet bus", premier du nom. Alternant noir et blanc au rythme de la progression d'Alice (encore elle) dans la rue et du défilement des lampadaires, engrangeant jalousement la terreur pour ne déboucher que sur l'entrée dans le champs d'un bus dont le bruit rappelle, indubitablement, le cri d'un chat.
Vous trouverez bien des développement de ces scènes sur internet, il y aurait sûrement lieu de s'y attarder.


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Mais de quoi parle "Cat People" au juste. D'une femme qui a peur de devenir une panthère ??? C'est vrai qu'Irena a tendance à s'amuser avec les petits oiseaux comme un chat, mais quand même !!! Nous savons bien ici à AKA, que certaines femmes sont des tigresses. Rien d'extraordinaire là dedans !
Est-ce que "La Féline" serait la voix insidieuse d'une morale conservatrice qui viendrait expliquer aux jeunes femmes et aux jeunes hommes qu'il ne faut pas consommer trop vite ? Seule une relation stable, basée sur la compréhension totale de l'autre permettrait une vie harmonieuse avec des bisous et des papouilles. L'adultère (commis plus tard par Alice et Oliver) amènerait alors désolation et carnage dans le couple ?
A vrai dire, on a du mal à y croire.
Alors peut être que la transformation en panthère est une métaphore : une jolie image qui nous décrit la perte de la virginité. La mue qui fait passer les jeunes et jolies jeunes filles d'oies blanches à succubes sadiques. Le sang, ce qui meut la panthère, serait alors celui des menstruations ?
Bof bof...
Lors de son mariage, la jeune femme est interpelée par une autre jeune femme, une sorte d'excentrique qui l'appelle "ma soeur". Elle la reconnaît implicitement en tant que telle alors qu'elles ne se connaissent même pas. Cette inconnue serait-elle aussi une féline ? Et cette dame dans l'animalerie parle de sa belle soeur, qui elle aussi fait peur aux animaux. Eh bien ! Il semble que cette maladie ne touche que les femmes !
Et puis Irena est une artiste, et elle ne veut pas embrasser de garçons car elle a peur de ce qu'elle découvrirait.
Hu hu... je crois bien que ce dont on parle ici, c'est bien de lesbianisme : de ce péché mortel, que dis-je, de cette sorcellerie indicible ! La panthère noire serait donc le chat noir des sorcières que sont les femmes adeptes du saphisme ? Et la statue du roi Jean, l'épée fièrement dressée transperçant le corps d'un chat serait le symbole d'une société machiste ne supportant pas que...


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Peu importe finalement.
Car si on pourrait passer des heures à disséquer "La Féline" et chacun des détails qui le composent (il suffit de voir le nombre de félins en arrière plans, dans les peintures, sur les paravents,etc.), il n'en reste pas moins que le film est très agréable à regarder au premier degré.
On ne peut qu'être surpris de l'efficacité de la mise en scène et de la réalisation, par l'incroyable actualité (modernité plutôt) du film qui a aujourd'hui près de soixante dix ans.
Véritable thriller psychologique avant l'heure, Tourneur offre ici l'un de ses films les plus célèbres, totalement maîtrisé, inventif.


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