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cat people

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Aka: la féline

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Paul et Irena sont frère et soeur, et pourtant ils ne se connaissent pas. Ou si peu ! Après le décès prématuré de leurs parents alors qu'ils n'étaient qu'enfants, ils sont séparés et chacun est placé dans une famille d'accueil, qui en Amérique, qui en Europe.
Arrive le jour où Paul retrouve la trace de sa soeur, et l'invite à venir vivre auprès de lui. Paul est devenu un bien beau jeune homme, vivant richement dans une grande demeure, tandis que Irena est devenue une bien belle jeune fille, vivant chichement là où le vent la mène.
Mais Paul est très rarement présent, il s'absente souvent la nuit, et la jeune femme est un peu laissée à elle même.
Elle se ballade donc, et visitant le zoo de la Nouvelle Orléans, elle tombe en pâmoison devant une magnifique panthère noire - et accessoirement devant le gérant du zoo.
Seulement voilà : la panthère en question est responsable d'un meurtre sordide, et la police recherche désespérément le propriétaire du félin. Et Paul qui ne revient toujours pas !


la féline

"Cat People" est un remake du "Cat People" de Jacques Tourneur tourné en 1942 et assez brillamment critiqué à AKA par je ne sais plus qui...
L'histoire est donc transposée dans l'époque présente, et ce qui semblait inimaginable en 42 (une femme qui invite un homme chez elle pour boire le thé, 'so shocking' !) est devenu monnaie courante.
Alors aujourd'hui, il ne s'agit plus de bisous qui transforment les femmes en panthères, mais bel et bien de sesque. Oui mais en 1982, le sexe n'est plus non plus un tabou...
J'avais supputé que "Cat People" parlait, en fait de femmes félines, d'homosexualité refoulée. Ce tabou étant majoritairement tombé dans la fin des années 60, "La Féline" de Paul Schrader ne peut plus parler de cela. Ce serait ridicule.
DeWitt Bodeen le scénariste qui travailla sur les deux versions du film transfigure donc son scénario en y ajoutant un mâle, et parle d'un des derniers tabous qui tient encore debout dans notre sombre époque apocalyptique : l'inceste.


cat people

C'est un peu grossier me diriez-vous. Vous n'auriez pas tord, mais en même temps, le film ne fait pas vraiment dans la dentelle ! Tout est plus extrême, et la suggestion est bien moins présente (on peut même dire totalement absente), que dans le classique de Tourneur.
Dans celui-ci, on pouvait deviner un discours sous-jacent, émettre des hypothèses, discuter des heures pour savoir si Irina était lesbienne, bigote ou nymphomane, si c'était une femme-panthère ou simplement une prude jeune femme.
Dans la version de Shrader, c'est carte sur table : elle se transforme bien en panthère d'ailleurs on nous montre la transformation. L'inceste est évoqué, évoqué, évoqué, à outrance... On s'attend presqu'à voir une pom-pom girl avec un panneau passer dans les arrières plans ("Donnez moi un I ! Donnez moi un N ! Donnez moi un C ! Donnez moi un E !!...".
Tout est bien expliqué, répété, rabâché pour que le public, américain sans doute, ne soit pas perdu... Déjà que l'héroïne est européenne !


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Pour le reste, "Cat People" reprend les grandes lignes du film de Touneur. Le zoo, la panthère noire, le dessin, l'histoire d'amour, la femme qui interpelle Irena, la servante de Paul qui fait penser à la serveuse du café du coin dans la production RKO, la scène où Alice se fait poursuivre, la piscine, etc. autant de motifs repiqués avec plus ou moins de bonheur.
Bien sûr, tout cela est modifié, dépoussiéré, ré-accommodé, mais on sent la patte lourde du film original. La scène de la piscine, à ce titre, est quasiment reprise à l'identique si ce n'est l'utilisation probable d'une Louma, inexistante à l'époque de Jacques Tourneur.
A cela s'ajoute l'histoire inédite avec Paul, et tout ce qui était absent dans le premier film, à savoir : nudité et gore.
Pour la nudité, nous avons tout à loisirs de voir la féline courir toute nue dans la forêt (elle adore le "lapin cru dans sa fourrure au cresson") et son frère Paul se taper des jeunes femmes avant de les manger.
Pour ce qui est des effets spéciaux, quelques cadavres, un peu de sang et on assiste à la transformation de Nastassja Kinski... amusante,mais pas essentielle dans l'histoire du cinéma.


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A côté de ça, "la Féline" n'est pas foncièrement mauvais. Il est relativement amusant à regarder, assez grossier dans son ensemble, mais amusant.
Le casting est sympathique avec une Nastassja Kinski très... Nastassja Kinski , et l'actrice qui reprend le rôle d'Alice (Annette O'Toole) est parfaite dans sa ressemblance à Jane Randolph. Le reste du casting est à l'avenant : Malcolm McDowell toujours aussi insupportable et excessif (c'est un avis personnel) et John Heard, l'acteur dont on ne se rappelle jamais le nom, dans le rôle du directeur du zoo !
Ajoutons à cela que la réalisation est assez soignée, parfois originale, ce qui est assez rare dans ce genre de production. Par contre, la musique de Giorgio Moroder reste insupportable, synthétique en diable dans le mauvais sens du terme, ne collant pas du tout avec l'ambiance du film.
S'attaquer au remake du film de Jacques Tourneur, un des meilleurs films des années 40, était un exercice risqué. Paul Schrader a choisi l'adaptation plutôt que la ré-adaptation.
Au final, cette vision de "Cat People" peine à convaincre, mais amuse.
On se contentera donc de le regarder comme un petit film des années 80... ce qu'il est sûrement !


maht

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