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ultima preda del vampiro (l')

ultima preda del vampiro (l')
Aka: des filles pour un vampire,the playgirls and the vampire

ultima preda del vampiro (l')

Cinq showgirls envahissent le château du comte Gabor Kernassi. L'une d'elles, Vera, se sent comme chez elle aux côtés de l'inquiétant comte. Une autre, Katie, ne fera pas long feu en tant que créature mortelle. Une autre encore ne se laisse pas faire et continue de travailler sérieusement l'art du striptease. On finit par apprendre que les Karnassi souffrent d'un mal inquiétant; mal qui semble être du vampirisme. Il ne reste plus dès lors qu'à sortir les pieux et à attendre que le soleil se lève.


des filles pour un vampire

On en apprend sur nous-mêmes avec un petit film comme "Des Filles pour un Vampire" ("L'ultima Preda del Vampiro"). En effet, il nous démontre que, à l'instar des vampires, nous préférons la lumière artificielle à la lumière naturelle. Nous préférons déambuler pieds nus avec Vera (la belle Lyla Rocco) dans les sinistres couloirs d'un vieux château, sous une lumière complaisante qui révèle la transparence des petites nuisettes. Les flammes des chandelles, lumière imaginaire à laquelle le chef opérateur doit nous faire croire, nous ravissent et laissent toujours aux sombres ténèbres leur épaisseur. Lorsque la lumière du jour arrive avec ses gros sabots, elle écrase tout sur son passage, brûle les vampires, nous y compris. Nous regrettons qu'un idiot réaliste ait voulu lever les stores et que Vera ait revêtu une tenue sociale, sans transparence. Nous voilà reparti dans l'opacité triste de la vraie et réelle lumière. La preuve, à la fin du film : même Gabor (le comte) détourne le regard, "because, you see, he's dead now".


ultima preda del vampiro (l')

"Des Filles pour un Vampire", est double, comme tout bon film qui doit ménager la chèvre et le chou. Il y a l'histoire du scénario et l'histoire des images. La première doit toujours se soumettre à la seconde. Si le scénario est un prétexte pour enrichir l'image et nous faire croire à l'existence d'une trame narrative alors tout va bien. C'est le cas dans "Des filles pour un vampire". Mais le film est avant tout fait pour qu'on le suive des yeux. Ceux qui le suivent avec l'esprit sont ceux qui ont gardé leurs stores ouverts. L'histoire est censée nous faire peur mais les images veulent nous séduire. Si on le suit des yeux on n'arrive à quelque chose d'extraordinaire : on ne voit plus rien alors que l'on a tout sous les yeux. Lors d'un fameux contre-jour (est-ce vraiment un contre-jour?) - ce qui est une manière d'être contre le jour (comme lorsque l'on dit que l'on est contre les OGM) - offre à la caméra une ultime descente dans le voyeurisme ; c'est-à-dire qu'elle remonte des pieds jusqu'au visage de la showgirl complètement nue. On voit tout, on ne voit rien. On scrute et on rêve d'être nyctalope, ce que le film avait d'ailleurs failli nous faire croire. Il n'y a plus de transparence possible puisqu'elle est nue et puisqu'elle est nue on ne peut pas la voir. Le tout début "Des Filles pour un Vampire" faisait une première remontée des pieds jusqu'à la gorge, le long des "plus belles jambes d'Europe" (c'est ce que Katie, la showgirl voulait être), dans le camion, avant l'arrivée dans le château. On ne soupçonnait pas l'importance de cette scène. Dans "Des Filles pour un Vampire", la caméra est vicieuse SAUF une fois lorsque cette même pauvre Katie reçoit un méchant pieu. Lors de cette dernière scène, la caméra suit un mouvement inverse et le sang semble définitivement jeter un rideau sur ses jambes magnifiques. Le "Des Filles pour un Vampire" au fond, se résume à cela, à savoir une scène d'ouverture et une scène de fermeture, une en montant et une autre en descendant le long du corps de Katie.


des filles pour un vampire

On a le droit à une jolie scène d'effeuillage, dans le grand salon du château. L'actrice joue cela de façon très sérieuse, en professionnelle (c'est pour le boulot). Je ne sais pas qui elle est, mais vous ne pourrez pas la manquer.
A un étrange moment, le film ne montre rien d'autre que le désespéré comte Gabor (la grande star Walter Brandi) marchant autour de son atelier de chimiste en herbe tout en nous parlant du mal qui touche sa famille depuis des lustres : "il s'agit d'un mal qui plane sur le genre humain comme l'ombre menaçante d'un oiseau aux griffes acérées ; d'un mal qui a le pouvoir angoissant de transformer des êtres humains en monstres assoiffés de sang; d'un mal qui alimente ses forces maléfiques et immortels de la vie de ses propres victimes". Cela donne des frissons. Le film ne donne pas véritablement d'images de ce terrible mal. Apparemment il préfère les jambes de Katie et les nuisettes de Vera, et finalement ce n'est pas un mal. Pour poursuivre dans les citations, en voici une autre qui peut faire sursauter : "Tu pourrais être un peu plus vêtue quand il n'y a pas de public". Une autre encore "Tu n'es pas sur la scène alors ne dramatise pas!". Ces deux drôles répliques qui créent une certaine distanciation sortent évidemment de la bouche de l'impresario. Celui-ci (Alfredo Rizzo) joue tout à fait en comique italien. Il a aussi réalisé des films, cependant pas inoubliables.


ultima preda del vampiro (l')

On passe un bon moment avec "Des Filles pour un Vampire" ("L'ultima Preda del Vampiro"), c'est indéniable. Même si les scènes qui doivent faire peur ne sont pas très convaincantes, par exemple celle où l'on nous montre un vieillissement éclair ; elle n'est pas aussi efficace que celle dans "I Vampiri" de Mario Bava. Finalement on peut se demander si le film a vraiment voulu faire peur. Il semble beaucoup plus préoccupé par la plastique des actrices. Alors intéressons nous à ce que le film a pu et voulu nous montrer plutôt que regretter ce qu'il n'avait pas les moyens de faire.
L'image du DVD que propose Artus Film est bonne malgré l'âge du film. Un vrai bonus nous donne une histoire des films de vampires italiens des années 60, par Alain Petit. C'est intéressant et l'on peut noter les films dont il parle, ils valent tous la peine d'être vus. Le DVD propose aussi un court métrage de Thierry Lopez, "Symphonia Horroris". Il s'agit d'un hommage à "Nosferatu le Vampire" de Murnau . Thierry Lopez, un des créateurs d'Artus Films prouve par là, s'il le fallait, qu'il aime vraiment les vrais vampires, en noir et blanc.


orribile rene

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