* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

messiah of evil

messiah of evil
Aka: dead people;

messiah of evil

Arletty espère retrouver son papa artiste chez lui, à Dune, petite ville lugubre et inhospitalière. Elle ne trouve personne chez lui, si ce ne n'est les nombreux personnages peints qui la dévisagent sans arrêt. Lors de son enquête pour retrouver son père, Arletty fait la rencontre d'un homme et de deux jeunes femmes, collectionneurs de vieilles légendes. Car Dune est le lieu d'une étrange et funeste légende où il est question d'une lune rouge, d'un messie du diable ponctuel qui revient faire un tour dans le coin tous les cent ans, et de la métamorphose de ses habitants en âmes errantes, en zombies tristes et anthropophages, la larme de sang à l'oeil.


dead people;

Il n'est pas facile de présenter "Messiah of Evil". C'est un film hors du commun. C'est une oeuvre des années 70 pur jus, avec la pulpe. Donc si vous aimez l'ambiance seventies, vous ne serez pas déçu. Mais, on oublie très vite la date du film. L'histoire, les personnages, la couleur, les lieux emportent et subjuguent du début à la fin.
Il est évident que le film s'inspire de "La nuit des morts-vivants" (1968). Cependant, Willard Huyck n'essaie pas à un seul instant d'imiter George A. Romero. Pour ma part, je trouve que la vision de Willard Huyck est tout aussi intéressante que celle de Romero. Pourquoi ne connait-on que Romero? Ça c'est un mystère. Huyck a aussi le goût, ce qui ne gâche rien, des légendes anciennes, du genre de celle de "Fog" de Carpenter, c'est-à-dire celles que le brouillard venu de l'océan chuchote aux gens de la terre. Mais alors, me direz-vous, il y a tout ce qu'il faut dans ce film ? Oui, je crois que oui.


messiah of evil

Il faut dire quelques mots à propos des protagonistes du film. Ils valent le détour. Marianna Hill (Arletty), c'est elle qui a l'honneur de se faire violer par Clint Eastwood dans "L'homme des Hautes Plaines"; c'est elle aussi qui donne la becquée au bébé de 21 ans dans "The Baby" de Ted Post. Nous avons aussi celui qui joue le père d'Arletty, que l'on ne voit presque pas dans le film et même quand on le voit, vu qu'il se peinturlure le visage, on ne le voit presque pas : Royal Dano. Puisque vous êtes amateurs de westerns, vous le connaissez. Vous l'aimez autant que Jack Elam ou Andy Devine (mais si, mais si). Nous avons aussi Anitra Ford, remarquable dans "The Big Bird Cage" et dans "L'invasion des Femmes abeilles". Dans "Messiah of Evil" on a en prime celui qui, entre 50 000 autres choses, a eu le privilège, dans "Rosmary's Baby", de guider Mia Farrow dans sa nouvelle demeure ; il mène aussi Marilyn Monroe dans sa chambre dans "Troublez-moi ce soir" de Roy Ward Baker : ELISHA COOK ! Il est aussi - Merci au dieu du cinéma - dans de nombreux westerns. Si le cinéma n'avait pas Elisha Cook, il n'aurait jamais eu de pauvre type crédible. Dans "Messiah of Evil", il est excellent. La dernière fois que j'ai vu Elisha Cook, avant "Messiah of Evil', c'était dans un excellent western que tout le monde a vu : "Jicop le Proscrit" de Henry Levin avec Jack Palance et Anthony Perkins.
Dans "Messiah of Evil", nous avons aussi Bennie Robinson (l'albinos du pick-up amateur de rats crus). Je crois que c'est un être humain comme nous. Mais je n'en donnerais pas mon cou à sucer.


dead people;

Je trouve la première séquence, celle de la station service, vraiment admirable. Le pompiste qui tire au pistolet dans l'obscurité, l'arrivée du pick-up, l'échange entre Arletty et l'albinos jusqu'à la conclusion dans l'atelier. Les plans sont d'une efficacité vraiment étonnante.
La séquence de la salle de cinéma doit être absolument vue. Il s'agit d'une scène d'anthologie, cela ne fait aucun doute.
Lors de la séquence dans le supermarché, on ne peut que se dire que, pour les zombies, leur proie humaine est un bien de consommation comme un autre. Ca fait froid dans le dos. Cela filmé sans excès, calmement, mais d'une efficacité redoutable avec en plus quelque chose d'insaisissable qui nous touche directement. C'est d'ailleurs étrange que "Zombie" (1978), le deuxième volet zombiesque de Romero, se passe avant tout dans un supermarché. On peut se demander, certains cinéphiles doivent même le savoir, si ce n'est pas cette séquence de "Messiah of Evil" qui en est l'inspiration. Roméro aurait inspiré Huyck qui en retour aurait inspiré Romero. Rêvons qu'il en soit ainsi.
La maison en trompe-l'oeil, dans "Messiah of Evil" est quelque chose d'extraordinaire. On pourrait gloser des tonnes sur cet endroit. Chaque détail du lieu fait écho à l'histoire. On a vraiment le sentiment que rien n'est gratuit. Quand on sait que Willard Huyck a fait tout cela avec un modeste budget et qu'il n'a pas vraiment choisi la maison puisqu'elle existait telle quelle, on ne peut qu'être troublé par la manière dont il a su en faire un véritable élément du film et non pas juste un lieu où l'action se déroule.


messiah of evil

Artus Films nous fait un admirable cadeau en nous proposant "Messiah of Evil" De Willard Huyck.
Vous devez immanquablement voir ce film. Ne serait-ce que pour Elisha Cook. Ne serait-ce que pour la beauté des actrices. Ne serait-ce que pour visiter la maison en trompe-l'oeil. Ne serait-ce que pour l'apparition parfaitement mesurée des zombies. Même les dialogues et le contenu du discours en voix off sont intéressants à écouter.


orribile rene

Affiche(s)

jaquette