* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

harlequin

harlequin
Aka: dark forces,the minister's magician

harlequin

Une belle journée ensoleillée. Une grande fête d'anniversaire. Un jardin coloré, décoré de ballons pour l'occasion. Des enfants qui s'amusent et sautent de joie. Un joli gâteau d'anniversaire sur lequel il est noté : "happy birthday Alex"...
Et Alex. Un petit garçon, triste, si triste, assis dans un fauteuil roulant. Un petit garçon qui a perdu tous ses cheveux à cause de la chimio. Un petit garçon qui n'arrive pas à rire. Et sa maman désolée. Un père absent, qui a d'autres choses plus importantes à faire que d'assister à l'anniversaire de son fils.
Mais un clown arrive.
Un clown qui fait de la magie. Le clown qui tire des cartes : l'as de pique, souvent représentant de la mort. Puis la carte de l'arlequin. Un clown qui, en faisant mine de claquer un ballon imaginaire, fait gronder le tonnerre.
Un clown qui commence par donner une esquisse de sourire à Alex.


dark forces

Voici comment débute "Harlequin". La joie, la naïveté, les couleurs et la maladie, la mort et la désolation se côtoie.
J'avoue que je n'aime pas le pathos... surtout le pathos dès le début d'un film. Mais ici, le début du film est réellement intéressant. Le réalisateur ne s'apitoie pas réellement sur l'enfant. Il se contente de montrer simplement les choses.
Et on est mal. On ne peut s'empêcher d'être mal à l'aise devant ces images où une certaine dichotomie est présente, où la vie côtoie la mort.
L'enfant semble inaccessible, tellement prêt à partir que rien ne semble l'atteindre.


harlequin

Mais dès l'arrivée du clown, on sait que quelque chose d'inouï va se produire.
Ce clown n'est autre que Gregory Wolf, un "illusionniste" ; dans tous les sens du terme. Il revêt de multiples formes, tantôt oiseau, il se pose sur la fenêtre de la chambre, tantôt invisible, il passe par le cordon de la télévision. Bref, il apparaît dans la maison là où on ne l'attend pas. il surgit comme il disparaît, comme par un claquement de doigts.
Mais surtout, il est associé au divin lorsqu'il réussit un véritable miracle : il soigne Alex, cet enfant condamné par la science.
On se dit alors qu'il est bénéfique, qu'il s'apparente un peu à l'ange gardien. Mais ce côté positif entraîne des points négatifs. En entrant dans l'intimité de la famille. il prend tout naturellement le rôle de cet homme absent qui est le père d'Alex. Et le père d'Alex est aussi le mari de Sandra, la mère d'Alex. Grégory prend le coeur de Sandra au sein même de leur foyer. Et il n'hésite pas à pavoiser devant le soi disant chef de famille.
Puis, il se rend indispensable. Comme s''il ensorcelait et la mère et l'enfant. Et dès lors, le vrai chef de famille ne peut plus reprendre sa place.
Alors on se demande : est ce un ange ou un démon ce Grégory Wolf ?


dark forces

Le film va au delà du simple film fantastique.
Il interroge certains concepts. Ainsi, régulièrement, Gregory Wolf initie le petit à la vie. Il lui dit par exemple : "Ne te fie pas aux illusions", alors qu'il passe son temps à en faire...On entre petit à petit dans l'univers fabuleux de Grégory, dans ce conte qu'on aimerait croire réel.
Intraséquement, le film parle de ce que l'on croit, de ce que l'on voit, de ce qu'on s'imagine, de ce qu'on se persuade, de la réalité qui parfois n'est pas réelle, de la capacité de l'homme à se leurrer. Il évoque aussi la traîtrise, les magouilles politiques, la capacité de l'homme à tuer pour le pouvoir, la jalousie, la malveillance.
Et tout ceci finira par atteindre notre ange venu du ciel ou de l'enfer.
Car Wolf change continuellement de forme, et son aspect, son comportement marginal induit le doute.
Ainsi les adultes le soupçonnent, ils ne croient pas en la gratuité de ses actes. Ses illusions fascinent tout autant qu'elles dérangent. Ils ont envie de le frapper, de le faire disparaître, de l'enfermer.... et de le tuer.


harlequin

Il est vrai que ce personnage de Grégory Wolfe, superbement bien interprété par Robert Powell est déroutant. Il provoque des sentiments divergeants. Tantôt il nous charme et nous émerveille, tantôt nous éprouvons un sentiment de rejet. Pourquoi ? Sans doute parce qu'effectivement il a quelque chose de dérangeant... Longiligne, effilé, il a quelque chose de féminin, quelque chose d'attirant et de repoussant à la fois. Son attitude doit également y être pour quelque chose : Il est exentrique, il provoque. L'arrogance dont il fait preuve et son assurance lui desservent. Il sait se faire détester.
Mais d'un autre côté, il peut être doux, empathique, aimant...et donc il sait se faire aimer.
Ainsi, ce film est tout en ambivalence. Il nous déroute, il nous déstabilise, il nous bouscule, il nous attriste, il nous rend joyeux, il nous berce, il nous émeut, il nous charme...
Les personnages sont attachants, et les acteurs jouent formidablement bien leurs rôles. L'intrigue est bien ficelée, la réalisation parfaite.
Et plus que tout, on peut souligner le talent de Simon Wincer qui réussit à toucher le spectateur - pour peu que celui-ci se laisse plonger sans résistance dans son univers fabuleux.
Moi, "Harlequin" m'a touchée et je ne peux que vous le recommander.


bloodyjane

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