* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

invisible maniac (the)

invisible maniac (the)
Aka: the invisible sex maniac

invisible maniac (the)

Il existe un endroit merveilleux sur terre.
Un endroit où les fous peuvent s'évader de prison et devenir professeur de science au lycée.
Un endroit où quand un chien vous poursuit, il suffit de lui lancer un bout de bois pour qu'il lui court après et cesse de vous traquer.
Un endroit où les pompom girls s'éclatent sous la douche sur fond de musique pop crachée par un vieux poste de radio (4 piles LR20, piles vendues séparément) et où les grilles d'aération donnent sur les-dites douches.
Un endroit où les directrices d'école sont des nymphomanes patentées toujours prêtes à sauter aux pantalons des élèves - et des professeurs.
Un endroit où les hommes peuvent devenir invisibles et se transformer en véritables machine à tuer.
Et cet endroit, c'est "The Invisible Maniac".


the invisible sex maniac

Si AKA existe depuis quelques années maintenant, c'est précisément parce qu'il existe des films comme "The Invisible Maniac".
Pas parce qu'il y a des chef-d'oeuvre inaccessibles (on en critique quand même de-ci de-là), pas parce qu'il existe des navets insurmontables (on en critique aussi, la paupière lourde et le moral ballant), mais bien pour ces petites pépites qui viennent joncher le sol glissant où se meuvent les cinéphiles rampant que nous sommes.
Soyons francs une seconde: "The Invisible Maniac" n'a rien pour plaire.
C'est un film de début 1990, il fait partie de la fin d'une époque glorieuse pour le film d'horreur, où le terme "exploitation" avait déjà perdu une grande partie de son sens avec l'avènement du "direct-to-video".
Le scénario n'est pas non plus d'une effroyable complexité. Bien pire, il est lacunaire, passablement je m'en foutiste aux entournures.
L'interprétation est désastreuse : l'anti-héros éponyme, le méchant professeur qui devient invisible et maniaque (alors que ma voisine, elle, n'est que maniaque), détenant la palme - les acteurs jouant les élèves ne sont pourtant pas loin derrière.
La réalisation est - et en cela il est bien de son époque - somme toute correcte. Je dirais "alimentaire", ce qui n'est pas forcément négatif, (quoiqu'un peu péjoratif).
Le manque de moyen est visible, omniprésent. Mais attention : il n'est pas exhibé pour faire basculer le film dans le second degré goguenard.
Il y a, je vous assure, très peu de second degré dans "The Invisible Maniac".
Car le cinéma, mesdames et messieurs, c'est quelque chose de sérieux. Enfin... Un petit peu quand même!


invisible maniac (the)

Pourtant "The Invisible Maniac" séduit. Il séduit d'abord par l'imaginaire qu'il sous-tend : tout était encore possible en 1990, malgré ce qu'on en pense. On pouvait faire un film de pure exploitation. On pouvait faire un film sérieux qui ne l'était pas, complètement abracadabrant mais au rythme soutenu.
Attendez, fermons les yeux une seconde... Imaginons le producteur :
- "je veux des filles nues qui dansent sous la douche, je veux des professeurs nymphomanes qui sautent au cou de leurs élèves et des meurtres, c'est pourtant pas compliqué !"
Imaginons le casting :
"Ca vous dérange de prendre des douches nues avec d'autres filles ??? "
Imaginons le réalisateur, gêné, parce qu'il n'a qu'un chien pour symboliser la meute traquant l'évadé de l'asile.
Il y a eu, à une époque, suffisamment de gens fous (ou désespérés financièrement ?) pour se lancer dans cette drôle d'aventure.
Et pourtant, tout le monde y a mis du sien.
Mais bon sang, vous croyez que c'est facile, vous, de faire un film ?


the invisible sex maniac

Si "The Invisible Maniac" est génial, c'est d'abord parce qu'il ne cherche pas à faire compliqué quand on peut faire simple. Il n'y a pas de débauche d'effets spéciaux, les astuces pour donner l'impression qu'il y a un homme invisible relève du "bout de ficelle".
L'histoire est totalement abracadabrante, simplifiée à l'extrême. Tout est emphasé (parfois involontairement) et on obtient au final le charme des super-héros !
Mais si vous savez : dans la vie, si vous croisiez un mec avec des dents blanches, une musculature à en rendre pâles tous les monsieurs univers, habillé en juste-corps/collant et slip rouge - au mieux - vous appelez ça un désaxé kitsch. Mais l'emphase crée le super-héros, et le rend EXTRA-ordinaire. D'un coup la mécanique s'emboîte et on finit par dire "Superman est un mec génial qui sauve les gens, c'est le bien à l'état pur" .
Et bien "The Invisible Maniac" est un film EXTRA-ordinaire au même titre que les super héros. Le méchant n'est pas méchant, il est TRES méchant. Les filles ne sont pas un peu nue au milieu du film : elles sont tout le temps nues pendant les 3/4 du film. Etc.
Du coup, tout s'emboîte et ce qui devrait en faire un navet kitsch et ringard devient attachant et rafraîchissant. Une gageure.


invisible maniac (the)

Ma mamie me disait souvent "la valeur n'attend pas le nombre des années" (pour votre culture générale et pouvoir briller en société, je peux vous assurer que c'est une phrase de Corneille, mais je ne sais plus si c'est le chanteur ou le philosophe...).
Ce à quoi j'ajoutais, maliceux : "la valeur ne dépend pas non plus de l'argent qu'on possède", ce qui prouve que malgré mon jeune âge et mes cheveux encore blonds, j'avais déjà beaucoup d'esprit et de vivacité intellectuelle.
Et bien "The Invisible Maniac" répond totalement à cette assertion que je clamais si ingénueusement. Il n'a pas l'intelligence intellectuelle des grands films, mais il a l'intelligence du coeur. Et ça, c'est pas si mal en cette sombre époque !


maht

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