* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

high spirits

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Aka: les fantômes sont cinglés

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Le château de la famille Plunkett est au plus mal : en effet, un méchant promoteur menace de le saisir si ces créances ne sont pas immédiatement payées, et de le déplacer (pierre par pierre) à Malibu pour en faire son lieu de villégiature.
Il faut dire que la famille Plunkett est irlandaise; que le climat, et le château en piteux état, n'incitent pas les éventuels touristes à venir visiter et donc faire entrer quelques deniers.
Aussi, Mamie Plunket - qui a perdu une partie de ces facultés - parle avec insistances des fantômes de la maison, ce qui donne l'idée à Lord Plunkett de faire de son château adoré le summum du lieu hanté, la panacée des chercheurs de fantômes !
Bien vite, il dégote quelques américains pour venir passer un séjour dans le château, tandis que les gens (servant, palefrenier, etc.) du château participent à des mises en scène ubuesques à base de fils invisible, de voiles diaphanes et de hurlements à la lune.
Malheureusement, la supercherie calamiteuse est bien vite révélée, et la fille du promoteur, qui s'était invité au milieu des touristes, n'a plus qu'un coup de téléphone à donner à son père pour qu'il saisisse le château.
C'est alors que les vrais fantômes décident de ne pas se laisser faire, et de se mêler à la partie.


les fantômes sont cinglés

Au milieu de cette histoire pour le moins banale s'insère une histoire d'amour - impossible forcément - entre l'un des touristes et un fantôme. Ou plutôt, une fantôme : une belle jeune femme qui revit chaque jour depuis 200 ans l'assassinat qu'a commis sur elle son meurtrier de mari.
Le ton du film est bon enfant, voir familial. Ici, pas de sang ou de gore, l'aspect comédie (même carrément comédie-romantique) prime sur l'aspect fantastique.
Car les fantômes ne sont qu'un moyen pour l'histoire. Et l'histoire principale n'est pas celle énoncée dans le paragraphe ci-dessus (je vous ai bien eu !), mais bien cette histoire d'amour entre deux êtres qui ne peuvent s'aimer.
Un peu comme un "Roméo et Juliette" d'outre-tombe.
Et l'épée de Damoclès qui pèse sur toutes les personnes travaillant au château est bien vite oubliée, expédiée même, pour laisser place aux histoires de zizi-panpan de nos héros et à la prépondérance du sexe sur les relations ectoplasmiques.


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On peut s'étonner de la disparité, de l'écart de qualité qui existe entre le scénario (une sorte de bric-à-brac assez fade que ne renierait pas un collectif d'auteur hollywoodien voulant faire plaisir à tout le monde - en s'affranchissant, une fois n'est pas coutume, des obligations envers les minorités), et la réalisation générale du film qui cherche, d'une certaine façon, l'excellence. Ce même écart existe entre la distribution (des acteurs, pas la distribution en salle... suivez moi s'il vous plait, si vous croyez que c'est pas assez difficile comme ça avec toutes ces parenthèses !) et les décors, qui sont en complète antinomie.
Je m'explique:
Les décors, l'ambiance (y compris la photographie) sont relativement soignés et travaillés. On retrouve une vraie patte esthétique au film, parfois très graphique de type "livre pour enfant", avec un chateau hautement mis en valeur, des décors en bouts de carton qui prennent vie, un bus fait de bric et de brocs chattoyant, etc. La mise en scène, les décors forment un sous ensemble homogène, congrue.


les fantômes sont cinglés

Par contre, les acteurs n'y sont pas. Pas un seul instant ! A part peut-être les irlandais, et surtout la performance tragico-bizarre de Peter O'Toole qui est géniale - comme souvent. Il est le seul qui parvient à être raccord avec l'esthétique du film.
Pour le reste, tout le monde gesticule pour se donner de la contenance, mais croyez moi, "j'ai vu des topinambour qui avait le regard plus vif" (P. Desproges)
Pourtant, on retrouve une belle brochette de second couteau : Steve Guttenberg, Beverly D'Angelo, Peter Gallager, Daryl Hannah, que du joli monde qu'on connait bien sur nos écrans et/ou petits écrans.
Et même des acteurs plus connus, comme Peter O'Toole, dont j'ai déjà vanté les mérite., et le rôle annecdotique de Liam Neeson (le fantome d'un géant veruqueux, pas très reluisant pour un Jedi).


high spirits

Tout cela est bien dommage. Car entre les acteurs et le reste de la producton se créé la dichotomie béante qui fait basculer "High spirits" de "petit film sympa" à "petit film vaguement intéressant". Pourtant, le comique, essentiellement de situation, fonctionne relativement bien dans la première partie du film, et on se laisse prendre au jeu. Bon enfant, je vous dis ! On pardonne les largesses des acteurs, on se dit "laissons nous aller..."
Puis, au fur et à mesure que les fantômes, et donc l'histoire d'amour prend pied, on se lasse. Petit à petit.
Plus le film avance, moins on rit... et plus il avance, moins on sourit... et quand arrive le fatidique mot FIN, il ne nous reste à nous aussi que trois lettres pour donner notre avis. BOF.
Le tragico-comico-horrorifique a son maitre étalon, et ce maitre étalon est Tim Burton. Difficile, en voyant "High spirits", de ne pas penser à un film sorti la même année, "Beetlejuice". Et la comparaison n'est pas en faveur de "High spirit" car celui-ci échoue à peu près partout où son coreligionnaire excelle. Humour, horreur, mise en scène, jeu des acteurs, etc.. Seul les décors tirent leur épingle du jeu et maintiennent le film hors de l'eau. "High Spirits" manque de parti-pris, il reste toujours politiquement correct, et c'est bien pour cela qu'il ne séduit pas, ou si peut.
Quand on sait ce qu'est capable de faire Neil Jordan, et particulièrement dans l'excellentissime "The Company Of Wolf", on aurait pu attendre plus. Beaucoup plus ! L'explication tiendrait au fait que Neil Jordan fut évincé lors du montage, et que le film qu'il avait prévu n'est sensiblement pas le même que celui que nous pouvons voir.
Alors Mr Jordan... Quand est-ce que vous ne le sortez du placard, ce director's cut ?


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