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decima vittima (la)

decima vittima (la)
Aka: la dixième victime, la grande chasse, the tenth victim, the 10th victim, la victima numero 10

decima vittima (la)

Ahhh le futur ! Ses chiens robotisés, ses ordinateurs surpuissants capables de penser, ses prothèses cybernétiques... Et surtout son jeu de "chasse à l'Homme" mondiale !
On s'inscrit, et on devient chasseur... ou chassé.
Après délivrance d'une carte, le chasseur poursuit sa victime, et peut le tuer.
Ou inversement.
Au bout de dix victimes (ou après avoir survécu dix fois), on devient un nabab adulé, et on gagne un million de dollars.
Mais survivre dix fois de suite, ce n'est pas si facile, et pas donné à tout le monde. Rares sont les élus !
Sauf pour Caroline qui a réussi les 9 précédentes chasses. Et qui compte bien remporter la dizième. ..


la dixième victime

Bon... En fait de robot chien, on a plutôt une sorte de truc mécanique qui a un peu de mal à se déplacer dont la forme semble évoquer un euh...truc mécanique qui a un peu de mal à se déplacer.
En fait d'ordinateurs on a des gros meubles à ampoules qui parlent avec des voix saccadées. Je ne vous fais pas non plus un dessin concernant les voitures dont la principale amélioration est d'avoir... un volant (ah bon, c'est pas nouveau ?).
Assez cheap même pour l'époque, la technologie n'est pas le point central du futur présenté ici, qui au final aurait pu se passer aujourd'hui (ou plutôt en 1965, date de sortie du film). L'essentiel au final est ce qui n'est pas visible, ou du moins pas représentable.
Pour le reste, c'est un futur qui sent bon les années 60, fraîchement "pop" : les robes rappellent les créations de Paco Rabane, les lunettes de soleil cachent la moitié des visages, les motifs floraux sont énormes et les (saines) lectures de base des habitants sont les classiques de la bandes dessinées (Tarzan, le Fantôme du Bangal etc.).


decima vittima (la)

Le futur est (sera ?) donc chamaré, morderne, chic et saturé de couleurs, ce qui est assez symptomatique : pour les années 60, le futur c'était les années 2000, pleines d'espoir avec tout ce qu'elles allaient apporter - robotique informatique des voitures qui volent et des chaussures qui collent.
A ce feu d'artifice coloré s'ajoute à une sorte d'hystérie collective assez "italienne". Tout bouge et tout le temps. Quand ce ne sont pas des gens qui se tirent dessus en pleine rue, ce sont des voitures qui zigzaguent, et des robots chiens qui viennent vous faire des calins.
Bref, personne n'a le temps de rien.
Pour accentuer cet effet d'urgence perpétuelle, Elio Petri tourne une bonne partie de son film caméra à l'épaule, ne se posant que pour admirer ces deux héros, charismatiques, Marcello Mastroianni et Ursula Andress.


la dixième victime

Mais alors, en quoi ce futur est-il intéressant ? Et bien car il induit une sorte de cynisme forcé, qui fait un peu "tâche" au milieu de ce bonheur - épileptique- mais permanent. Un peu comme si le Elio Petri avait voulu mettre une touche de noir au milieu de toute cette couleur, mais sans vraiment avoir réussi.
Ce qui apparaît surtout, c'est la déliquessence des valeurs habituelles pour un pragmatisme assez facheux mais moderne. Ainsi, on peut tuer quelqu'un (dans le cadre de la chasse, bien sûr) mais il est toujours interdit de se garer n'importe comment.
Les vieux doivent être placés auprès de l'état et il est interdit de les garder chez soi.
Des stations de relaxation (ie: des bordels) fleurissent le long de la route. A coté de cela, chaque pays se referme sur des "fétichismes" qui leur sont propres : le mariage prend une grande importance en Italie où le divorce est impossible - aux Etats-Unis, les grandes marques sponsorisent les meurtres pour en tirer partie.
Et la religion dans tout ça ? Grande absente face à un discours "amorale", elle fait une petite apparition sous la forme d'une secte glorifiant le soleil.


decima vittima (la)

Tout ce petit monde respire la joie de vivre mais dans la mélancolie. L'huissier saisit des meubles, c'est pas grave, on en recommande d'autres, "style gothique mon cher". On se tire dessus dans la rue, on regarde le spectacle, mais tout ça dans la bonne humeur.
Et ce n'est pas la musique de Piero Piccioni qui va assombrir ce petit tableau primptanier : pas de sirènes stridentes ou d'utlra-basses qui résonnent, mais un thème chanté à base de "choubidou"et de "palapala" jazzy, qui reste dans la tête et demeure comme un des meilleurs thèmes que le monsieur ait créé... Même si on se demande s'il a lu le script tant voir des messieurs se tirer dessus avec cette musique semble... pour le moins décalé.
Bref, l'histoire est assez anecdotique : le chasseur chassé et la victime chasseur qui finissent par s'aimer (ou pas?) , se tournant autour l'un de l'autre, pour au final enchaîner les retournements de situation...
Avec en toile de fond un fascisme sous jacent, alimenté par une société de consommation et de spectacle.
Au final, malgré ses excès le film tombe juste. D'ailleurs, où est passé mon Aibo ? ce sale clébard a dû tomber en panne dans un coin.


maht

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