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vampire nue (la)

vampire nue (la)
Aka: the naked vampire, the nude vampire

vampire nue (la)

Au commencement de "La Vampire Nue" était une jeune fille nue, entourée d'hommes habillés. Ils portent des cagoules qui ne laissent apparaître que leurs yeux. L'action se passe dans un laboratoire remplie d'éprouvettes de toutes les couleurs. L'un des hommes, muni d'une énorme seringue, fait une prise de sang à la demoiselle. Puis celle-ci vêtue d'un voile transparent se sauve dans la nuit, poursuivie par ces mêmes hommes arborant cette fois-ci des masques d'animaux. Un inconnu tente de l'aider à fuir, mais les hommes leur tire dessus. La jeune fille s'effondre et le jeune homme s'enfuit (le lâche !). Les hommes masqués récupèrent le corps de la malheureuse qui est juste évanouies et l'emmène. L'inconnu, intrigué, les suit et se rend compte que le lieu vers lequel ils se dirigent n'est autre que la propriété de son père. Furieux, il lui demande alors de s'expliquer sur la jeune fille qu'il séquestre. Celle-ci semble avoir une maladie du sang et un rhésus différent du notre...


the naked vampire

Jean Rollin est décidément malicieux. Il sait attirer l'attention. Avec un titre pareil : "La Vampire Nue", il était sûr que beaucoup (dont moi) allait se laisser tenter...
Un titre évocateur qui annonce que nous allons voir du vampire et du nu. En guise de vampire, nous avons une jeune fille qui n'a absolument pas de canines proéminentes, qui ne suce pas non plus le sang de ses victimes. Une fille tout à fait banale, juste un peu pâlichonne. Par contre, de la nudité, il y en a dans ce film interdit aux moins de 16 ans ! Ce coquin de Rollin s'attarde de longues minutes sur les parties charnues des demoiselles. Gros plans sur les seins, gros plan sur les fesses, elles sont filmées sous toutes les coutures. Certaines scènes sont d'une grande sensualité, par exemple : celle montrant une jeune fille qui fait une danse enivrante sur fond de tamtam. Ou encore celle où une fille à la peau d'ébène et aux ongles d'or qui au lieu de poser pour le peintre, l'émoustille en se caressant le corps. Rollin se pose en voyeur, mais il reste discret et ne sombre pas dans le vulgaire ou le pervers.


vampire nue (la)

Rollin filme d'une manière particulière, toujours emphasée. Il use et abuse des plans en plongée et en contre plongée, le montage est parfois chaotique, et on a du mal à le suivre. Il oscille sans cesse entre amateurisme et professionnalisme. N'ayant peur de rien, et surtout pas du ridicule, il est sans concession. Ce qui fait également son charme.
Ses défauts, ainsi que sa lenteur, rendent le film intéressant. Car bien sûr, il y a très peu d'action (même s'il y en a plus que dans "La Rose de Fer") et les personnages sont plutôt statiques. Et pour une bonne partie du film, le réalisateur a laissé une place prépondérante au silence, donnant l'étrange impression que l'on visionne un film muet où les gestes et les mouvements du corps remplacent le dialogue. Et là les personnages prennent toute leur valeur !
Paradoxalement, les acteurs jouent très mal, le héros ressemble à Bernard Menez, et certaines répliques provoquent le rire. Bref, il fallait oser !


the naked vampire

Ceci dit, comme toujours à la limite du risible, Rollin s'en sort bien et réussit à créer une ambiance, un petit quelque chose d'indéfinissable qui nous pousse à rester jusque la fin. On ne peut s'empêcher d'être fasciné devant les personnages fantaisistes qui peuplent les lieux. Ceux-ci sont singuliers : les servantes sont deux jumelles inséparables aux coiffures et aux vêtements insolites qui ne s'étendent que sur des peaux de léopard. De même, le vieux couple gardien du passage vers un autre monde est étrange. Condamné à rester là et frustrés de se trouver dans un lieu où personne ne s'arrête, ils prient le héros de rester un peu avec eux... ce qui en fait des êtres humains et attachants. Et en n'utilisant pas les caractéristiques habituelles du vampire, il crée sa propre créature, et joue avec les interrogations du spectateur, le malmenant.


vampire nue (la)

Aussi Rollin nous dévoile un univers peuplé de personnages fabuleux et de lieux étranges, cachés. Et pourtant ces êtres et ces décors pourraient être bien réels, mais ils sont transformés par l'oeil de notre réalisateur. Le fantasme colle ici au romantisme, le bon côtoie le mauvais, et on assiste à un curieux balancement entre le sérieux et le grotesque, entre l'ennui et l'intérêt, entre le réel et l'imaginaire.
Toujours est-il que je suis restée devant l'écran, surprise comme à chaque fois, d'être touchée par ce Rollin malgré toutes ses imperfections.
Un film inégal et sympathique, donc, qui pourra satisfaire un public patient et tolérant, qui saura en extirper les qualités. A déconseiller aux fans d'action effrénée.


bloodyjane

Affiche(s)

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