* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

incubus

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Une ancienne fontaine, réputée pour ses facultés curatives, est le lieu de chasse de prédilections de succubes, car elle attire les hommes vaniteux ou malades. Ces hommes sont des proies faciles, et apportent leur lot régulier d'âmes fraîches.
Mais las de toujours offrir au Prince des Ténèbres des âmes d'hommes corrompus, Kia, un succube, décide de faire du zelle. Et malgré les remontrances de sa supérieure (succube également), elle décide de partir à la recherche d'un ange, et de le corrompre. Elle espère ainsi devenir la favorite de Satan.
Pendant ce temps, Marc et sa soeur, Arndis, vivent d'amour fraternel et d'eau fraîche. Marc est un héros au coeur pur. La proie idéale pour Kia.


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Il est des films comme celui-ci, qui ont un peu de chance dans leur malheur. En effet, toutes les copies d' "Incubus" avaient disparu par maladresse. Il n'était donc jamais sorti en vidéo, ni ressorti au cinéma.
Mais on retrouva une copie du film dans la collection permanente de la Cinémathèque de Paris, ce qui offrit de quoi refaire un master, et c'est ce master qui nous est aujourd'hui offert en DVD.
Et "Incubus" méritait bien une réédition en grande pompe car il a une particularité : c'est l'un des deux seuls films qui aient jamais été fait entièrement en Esperanto, le second étant "Angoroj"* !
Pour note, l'Esperanto est une langue universelle inventée du XIXème siècle, qui était sensée permettre au monde entier de communiquer.


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Et le film, hormis cette singularité, n'est pas dénué de qualité.
Nous avons un premier rôle de choix : William Shatner (le Capitain Kirk de "Star Trek") et un joli casting (la très belle et charismatique Allyson Ames).
On notera surtout une réalisation très soignée, soutenue par une photographie tout en finesse et assez contrastée.
Le ton général du film, d'ailleurs, laisse entendre que ce n'est pas un banal petit film fantastique que nous voyons. Vous savez, un de ces banals petits films fantastiques qu'on aime bien à AKA.
En effet, dès les premiers plans, la mise en scène vise haut, très haut, et nous plonge dans un film qui se veut d'art et d'essai. Dialogues métaphysiques, postures théâtrales et recherchées, histoire métaphorique, paysages bucoliques, etc.


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Oui mais voilà. Il y a des ombres aux tableaux. Si la réalisation est plutôt soignée, la lumière intéressante, que dire des dialogues !
Ils sentent la paroisse et la grenouille de bénitier. On a l'impression d'entendre la messe, d'autant plus que les textes sont déclamés comme des chapelets de prière, de façon soit monotonale quand il faudrait de l'emphase, soit emphasée quand le monotonal serait de bon ton.
Cette odeur de sainteté s'infiltre dans l'histoire qui parle pourtant de diable et de succubes, ce qui n'échappe pas au spectateur qui commence à en avoir marre de l'histoire cul-cul la praline qui s'écoule le long de la rivière bénite qui mène à la fontaine sacrée près de la vénérable église. etc. etc.
Et le tout s'embourbe un peu de façon molassonne, s'empêtre même dans la lutte du bien contre le mal.
On espère pourtant que la soeur, qui devient aveugle en regardant une éclipse, va apporter un peu de substance. Mais non.
Je ne parle même pas de l'incube éponyme, dont le rôle dérisoire ne rattrapera pas mon opinion du film.


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D'un prime abord prometteur, "Incubus" m'a donc franchement déçu. Il mélange le bon et le franchement mauvais, et l'histoire tient dans la paume de la main.
On regrette donc que ce film en esperanto, puisqu'il y en a si peu, soit de cette qualité, ce qui fait une bien mauvaise publicité à la langue.
Reste que cette particularité de la langue, et son histoire de film disparu, peut valoir le détour pour le cinéphage averti.
Je ne retiendrais que la beauté des plans, de la lumière, et des actrices... et passerais vite mon chemin.


maht

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