* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

private eyes (the)

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Aka: ban jin ba liang, mister boo : detective privé

private eyes (the)

"The Private Eyes": peut-être que ce titre ne vous dit rien, mais il est celui d'un des films les plus cultes (et le mot est faible) du cinéma hongkongais et du cinéma comique des années 70's... Une super production de la Golden Harvest, orchestrée par le grandiose Michael Hui et ses frères !
L'histoire est celle de Lee Kwok-Kit, un jeune Hongkongais, qui se retrouve malheureusement au chômage après avoir fait le pitre sur son lieu de travail.
A la recherche d'un boulot, il réussit grâce à ces nombreux talents, à se faire embaucher par Joseph Wong, le directeur complètement avare et cynique d'une agence de détectives privés ayant pignon sur rue. Avec l'aide de Pighead, son assistant "légèrement" maladroit, ils vont devoir tous trois travailler sur une série d'affaires criminelles qui les emmèneront dans des situations aussi guignolesques et rocambolesques les unes que les autres.


ban jin ba liang

Le point fort de ce chef d'oeuvres réside dans son côté comique, accessible même pour un public occidental qui n'est pas habitué aux films hongkongais, bien que la finesse de certaines situations soit plus facilement saisissable pour ceux qui parlent le cantonnais ou pour un public natif. Car "The Private Eyes" est à lui seul un véritable festival de clowneries, tellement poilantes que même 30 ans après, elles sont largement reprises dans de nombreux films ou parodies, comme "Fantasia" de Wai Ka Fai.
Et puis il y a aussi ce côté non déplaisant, complètement kitsch 70's, qui nous imbibe de l'ambiance folle de l'époque à Hong Kong, époque où le cinéma hongkongais recommençait à gagner de sa superbe, grâce à des productions comme celle-ci.
Il donc évident qu'avec des films comme "Private Eyes", le réalisateur Michael Hui, a bien plus qu'apporté sa pierre à l'édifice du cinéma comique 70's, et a contribué fortement à l'évolution des si particulières et typiques comédies hongkongaises, dont les habitants de la péninsule peuvent être fiers !


private eyes (the)

Ce qui est aussi intéressant dans "The Private Eyes", c'est la façon dont les 3 personnages principaux sont développés. En effet ils ont chacun des personnalités complètement différentes, et c'est aussi ce qui rend l'histoire et les situations dans lesquelles ils se trouvent complètement guignolesques !
Tout d'abord il y a Joseph (Michael Hui), le patron de l'agence qui avec son expérience dans le métier trouve toujours un mot à redire sur tout, même quand c'est parfait. Il garde un oeil sur tout et n'hésite pas, sans vergogne, à déduire du salaire les éventuelles "sur coûts" (je n'en dirais pas plus) engendrés par le reste de l'équipe durant les opérations de filature.
Puis il y a aussi Lee Kwok-Kt (Sam Hui), avec son esprit vif. Expert en kung-fu, il est un peu l'antithèse de Pighead (Ricky Hui), l'homme à tout faire, celui qu'on appelle pour faire le sale boulot, pour forcer les serrures, faire de fausses cartes de visites... et d'ailleurs on ne peut pas dire que la rapidité d'exécution soit son point fort.
Ensuite les fans ne pourront que se réjouir de la présence du grand Shek Kin a.k.a Shih Kien (Docteur Han dans "Opération Dragon"...) dont le charisme éblouit littéralement l'écran. Il est tout simplement hallucinant en chef de triade qui finit par se ridiculiser lui-même en public lors de la scène dans le cinéma. Enfin il y a le très bon Richard Ng, dans le rôle de l'officier de police infidèle : on peut dire que ce rôle lui va vraiment comme un gant.


ban jin ba liang

Bien au-delà de son aspect comique, "The Private Eyes" est aussi une métaphore volontaire, sur la société hongkongaise dans son quotidien le plus intime et la façon dont elle appréhende le travail. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles cette oeuvre a eu un impact majeur dans le cinéma local des années 70's, car il faut dire qu'à cette époque, il n'était pas vraiment courant de faire passer des messages politiques et sociaux dans les comédies de ce pays. Un film toujours d'actualité. Il voulait envoyer un message droit aux coeur des Hongkongais, tout comme la chanson d'ouverture par Sam Hui, qui à l'époque était une star de la pop. D'ailleurs musicalement on en prend plein les oreilles, car durant le film on a droit à de majestueux morceaux de funk des années 70s, avec par exemple l'excellent morceaux "Super Strut" d'Eumir Deodato, que les connaisseurs du genre sauront largement apprécier.


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Il est donc très clair que Michael Hui est au cinéma hongkongais ce que Buster Keaton est au cinéma américain. Si bien qu'il a réussit avec talent à exploser les box offices hongkongais, à l'époque où les films du grand Bruce Lee étaient encore à l'écran ! Notons aussi que Michael Hui a produit de nombreux films, dont 6 mettant en scènes les frères Hui. On pourrait presque les considérer comme une série, bien qu'ils n'aient pas de liens directs entre eux au niveau du scénario : "Games Gamblers Play", "The Contract" (a.k.a "Mister Boo fait du cinéma"), "Security Unlimited"... etc.
"The Private Eyes", fait donc partie des films comiques cultes qui ont marqué toute une génération de Hongkongais ainsi que de cinéphiles dans le monde. Et il est surprenant de voir à quel point, même des années plus tard, il n'a rien perdu de sa superbe. Ainsi il ne manquera pas de vous faire rire aux éclats, mais aussi de vous plonger intimement dans la vie quotidienne des hongkongais dans les années 70's.
Cette oeuvre cinématographique convaincante et incontournable est donc à placer directement dans le panthéon des oeuvres cultes.


benhoa

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