* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

inseminoid

inseminoid
Aka: horror planet

inseminoid

Une équipe de scientifique est envoyée sur une planète pour mener des fouilles archéologiques. Alors que deux membres de l'équipe visitent un ancien site, une explosion blesse grièvement l'un d'entre eux. L'un est ramené à la base presque mort, et l'autre juste blessé par un mystérieux cristal. Celui-ci devient fou, et sème la panique avant de se faire tuer. Intrigués par la composition du cristal, Mitch et Sandy vont explorer la planète, mais quelque chose les attaque sauvagement. Sandy se réveille allongée sur une table chirurgicale et semble se faire inséminer par un extra-terrestre. Elle reprend conscience dans la base, et tout laisse à penser que la jeune femme est enceinte de deux mois. Et Sandy a maintenant un comportement des plus étranges...


horror planet

Depuis "Alien" (1979), nous avons eu le droit à maintes et maintes productions plus ou moins abouties, souvent ratées, mettant en scènes des monstres visqueux et autres vaisseaux dans l'espace où on ne vous entendra pas crier.
Et on constate que notre Norman J. Warren adoré a également cédé à la tentation de nous donner sa version du film. Ainsi l'histoire d'"Inseminoid" est assez semblable, on y retrouve la peur du parasite, du monstre qui introduit sa progéniture meurtrière dans un être humain. A cette différence près que le monstre n'a pas cette position centrale qu'à l'alien, il cède sa place à l'hôte... c'est à dire qu'il s'empare du corps, mais également de l'esprit de l'être humain qu'il habite, rend celui-ci monstrueux et le déshumanise.


inseminoid

Outre cette histoire d'E.T. qui voudrait à tout prix s'emparer de notre corps, l'ambiance du film a quelques similitudes, parfois, avec celui de Riddley Scott. Norman J. Warren place ses protagonistes dans une atmosphère lourde, alliant obscurité, grésillements de transmission radio et bruits lointains de vent intergalactique, le tout dans une esthétique homogène. Seuls au monde, ils sont la proie d'un monstre furtif, que bien souvent il ne filme pas ou peu... et heureusement ! Parce que les deux fois où Norman J. Warren nous montre son monstre ou les petits de son monstre, il faut bien le dire, ça n'est pas une réussite ! Nous avons droit à un monstre de pacotille qui retire tout le mystère qui jusque là était extrême. Quelques maladresses sont donc présentes, comme la mauvaise musique qui ressemble à s'y méprendre à du Jean Michel Jarre (qui à l'époque était tellement fashion !)... Mais, on lui pardonnera aisément ces petites erreurs, puisque il faut l'avouer, l'ambiance y est, on frissonne parfois, on sursaute même, et on ressent l'angoisse étouffante à laquelle font face les personnages.


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D'autant plus que l'actrice principale (Judy Geeson), qui joue Sandy, est extraordinaire, parfaite dans l'expression de la dualité qui est en elle, apparaissant à la fois comme une faible victime et un être sanguinaire. Elle participe beaucoup à rendre l'ambiance effrayante, et donc réussie. Les quelques scènes d'horreur où elle est mise en scène ne sont pas vraiment gores, mais intenses et violentes. Elle rattrape nettement le jeu moyen des autres acteurs.
A propos du casting, on est agréablement surpris d'ailleurs de voir autant de personnages féminins dans une telle réalisation généralement plus masculine.
De plus, le film s'en tire honorablement au niveau des décors, tache difficile quand on considère les problèmes que peut impliquer une action se déroulant dans l'espace. Il réussit à éviter les clichés qu'on nous sert habituellement, il sait rester sobre et rendre l'ensemble crédible avec le peu de moyens qu'il a en sa possession.


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Par ailleurs, on retrouve bien ici les obsessions propres à notre réalisateur favori : il avait déjà entamé le thème de l'extra terrestre dans "Prey", film nettement plus série Z que celui-ci. De même, comme pour ses autres films, il n'hésite pas à choquer le spectateur par des scènes qui balaye de la main la bonne morale. Ainsi on peut, par exemple, voir un homme donner de grands coups de pieds dans le ventre de sa fiancée, enceinte, sans que ça ne choque outre mesure... Il met comme toujours l'être humain face à sa dualité, mélangeant la naïveté et le machiavélisme, le réel et l'imaginaire, le bien et le mal. Le spectateur est ainsi partagé entre plusieurs sentiments, voyant l'héroïne passer de la folie à la détresse la plus totale, succédant à la peur, pour finir par un déchaînement de haine meurtrière...
En conclusion, on soulignera la performance de l'actrice, (Judy Geeson) qui contribue à donner cette atmosphère si particulière au film. Malgré quelques maladresses celui-ci est abouti, assez fin et peut même surprendre le spectateur. Il nous dévoile un Norman J. Warren que nous ne connaissions pas : efficace et surprenant.


bloodyjane

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