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makai tenshô

makai tenshô
Aka: samurai reincarnation

makai tenshô

XVIIème siècle au japon, Shimabara, île de Kyushu : le Shogun interdit la chrétienté, ce qui provoque une révolte des chrétiens, menée par Shiro Amakusa. Refusant de voir leur religion ainsi effacée, ils mènent un combat de 19 jours contre les soldats du Shogun. Mais les soldats finissent vainqueurs et massacrent les chrétiens, coupant et empalant leurs têtes sur le champ de bataille.
Dans cet enfer, Shiro Amakusa, lui aussi dûment décapité, ressuscite d'entre les morts. Et plein de colère, il décide de se venger du Shogun qui précipita ainsi sa mort et celle de ses fidèles compères croyants. Il décide de rallier à sa cause plusieurs chrétiens, tous guerriers aguerris déçus de la vie, et d'en découdre avec le Shogun.
Mais c'est sans compter avec le fils du maître d'arme du Shogun, Jubei, qui compte bien ne pas laisser faire Shiro Amasuka et ses complices, aussi morts soient-ils.


samurai reincarnation

Le film commence donc par la résurrection de Shiro Amasuka, au milieu d'un décor splendide constitué de milliers de têtes empalées sur fond de soleil couchant.
S'en suit une succession de tableaux plus ou moins longs, nous présentant les personnages que va enrôler Shiro Amasuka pour assouvir sa vengeance :
Du fantôme d'une femme morte pendant l'attaque du château de son seigneur mari (j'abrège), au hallebardier hanté par le péché, en passant par le vieux samouraï déçu de ne pas avoir battu le maître d'arme du shogun. Etc. Etc.
Tout cela est plaisant, bien qu'un peu long : on se demande où veut nous mener le réalisateur. D'autant plus que la trame de l'histoire n'est pas encore réellement placée par cette succession de scènes, même si on sent bien le rôle essentiel que va jouer le mystérieux Jubei pour la suite du film.
Puis l'histoire prend place, très lentement.


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Et c'est là que le bât blesse. Si au départ, l'histoire laisse deviner qu'on va regarder un magnifique conte cauchemardesque, on a finalement l'impression de regarder un film de Super Sentai (super héros japonais plus ou moins dans le genre "Bioman").
On assiste peu à peu, et sous nos yeux déçus d'un tel gâchis, à l'explosion de l'histoire dans tous les sens : le père du héros qui d'un coup devient méchant car il en veut à son fils, une histoire d'épée qui tue les fantômes, etc... A cela s'ajoute la révolte chrétienne/paysanne qui gronde à nouveau, et les élans amoureux de Iga Kirimaru, l'un des fantômes recrutés par Shiro Amasaku.
Tout cela se mélange et donne un brouillamini incroyable. Bref, c'est un grand n'importe quoi.


samurai reincarnation

Et pourtant, comme je le disais plus haut, il s'en aurait fallu de peu pour que "Makai Tenshô" soit vraiment intéressant. L'histoire, prenant pour point de départ de véritables faits historiques (la bataille de Shimabara, contre les chrétiens), offre de nombreuses possibilités que la première partie du film exploite plutôt bien en nous présentant une galerie de personnages charismatiques et ambivalents, parfaitement ancrés dans l'époque. Les décors sont bien foutus, la réalisation correcte (bien que parfois maladroite), et Sonny Chiba (LE héros des "films de samouraï" contemporains) campe un héros qui a tout le bagage psychologique du héros tourmenté (borgne à cause de son père, il devra se battre contre les fantômes, y compris contre celui de son père, le maître d'arme du Shogun, qui a rejoint le côté obscur de la force, etc. ).


makai tenshô

Alors, qu'est ce qui ne va pas (hormis l'histoire, qui hésite entre le franchement bon et le franchement n'importe quoi ?)
La musique, d'abord. Qui a choisi de mettre cette musique ? Alors qu'une musique traditionnelle aurait fait très bel effet, nous avons une sorte de bouillie infâme de rock japonais façon années 80. Pas mal pour foutre en l'air l'ambiance.
Sonny Shiba ensuite : on ne le sent pas dans le rôle, on dirait qu'il pense à autre chose, et c'est dommage, car les autres acteurs ne sont pas mauvais au final...
Enfin, parfois, la réalisation ne suit pas : hésitations, tremblements, montage parfois ridicule...
Bref : pas totalement mauvais, mais pas du tout un bon film non plus, "Makai Tenshô" ne restera pas gravé dans les mémoires.
On en retiendra tout de même quelques bonnes idées, venant surtout du côté des personnages, et un vrai travail sur les décors (principalement pour la première scène).
On regrettera l'histoire, brouillée, qui aurait mérité quelques coupes, car le film, avec ses deux heures, a tendance à s'éterniser.
Un film avec quelques scènes sympathiques, qui comblera peut être quelques adeptes, mais qui décevra les fans de cinéma qui ne disent pas "amen" à tout ce qui est japonais...


maht

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