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metade fumaca

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Aka: ban zhi yan

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Forcément, c'était inévitable : avec Riley Yip en réalisateur, Peter Pau à la photographie et en réunissant un casting de fou, "Metade Fumaca" est une vraie bombe, un film où l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Avec des personnages bien développés, une atmosphère particulière, un joli côté nostalgique entre rires et pincements au coeur, une fin saisissante (qui mériterait presque à elle seule la vision du film), un scénario extra et approfondi, une dose d'humour et d'action comme il faut et là où il faut... que demander de mieux ? Voilà un film comme on aimerait en voir plus souvent.


ban zhi yan

Dans les années 70, le mafieux Moutain Leopard (Eric Tsang) part s'exiler au Brésil après avoir combattu son plus grand adversaire Nine Dragons (Sam Lee Chan-Sam). Quelques années plus tard il revient à Hongkong avec une valise pleine d'argent et un flingue pour finir le travail. Mais voilà que peu de temps après son arrivée à Hongkong, Moutain Leopard fait la rencontre d'un petit gangster nommé Smoky (Nicolas Tse) qui passe son temps à épier et observer une femme flic (Kelly Chan) dont il est amoureux, et qui va l'aider à chercher et à tuer Nine Dragon. Mais tout cela va se compliquer, car les temps ont changé, et Moutain Leopard, qui perd la mémoire, recherche aussi une femme (Hsu Qi) dont il était tombé follement amoureux avant de s'exiler.


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Ainsi, "Metade Fumaca" nous offre un casting plus qu'alléchant avec des pointures du cinéma Hongkongais, et une mise en scène largement à la hauteur, et un Eric Tsang en mafieux qui a fait son temps mais qui sait toujours tenir une arme. On peut dire qu'il assure vraiment, dans son rôle touchant de personnage tout en nuances. Si bien qu'on finit réellement par s'y attacher. En effet, il perd la mémoire petit à petit mais fait tout pour essayer de la sauvegarder, pour ne pas oublier le visage de celle qu'il a aimé. Avec Nicolas Tse à ses côtés le duo est assuré, et il nous prouve ici qu'il est un bon acteur avant d'avoir une "belle gueule". Mais il faut aussi dire que Riley Yip a réussi à trouver les acteurs qui conviennent exactement aux rôles et à la situation. Par exemple qui mieux qu'Anthony Wong ("Ebola Syndrome", "Hard Boiled"...) pouvait jouer le rôle du vieux chef de triade qui ne pense qu'à raconter ses vieilles histoires louches, rien que pour frimer. Et puis il y a aussi Sandra Ng ("Juliet in Love", "Born to Be King"...) dans le rôle d'une chef de triade, qui se prend pour une philosophe et critique littéraire du dimanche, et qui une fois de plus crève l'écran avec son charisme habituel... par contre les fans de Hsu Qi seront peut être un peu déçus car elle n'apparaît que quelques minutes dans le film. Mais bon, Riley Yip se rattrape par la présence de Kelly Chen Wai-Lam ("Infernal Affairs"...) dans le rôle de la policière et une apparition de Joe Kuk Cho-Lam.


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Puis il y a un bon nombre de scènes anthologiques qui font rire : comme les deux gangs qui regardent les étoiles filantes dans le ciel avant de s'affronter, ou encore le petit caïd qui rentre de Los Angeles et s'efforce d'insérer toutes les 2 minutes un mot américain dans ses phrases pour faire classe. Sans oublier des situations plutôt émouvantes comme la mère de Smoky qui, assise dans la rue, attend le retour de son père depuis 18 ans. Sans oublier les flash-back lorsque Moutain Leopard déballe son passé à Smoky, avec des scènes de combats plutôt bien menées de gangs qui s'affrontent dans de petites ruelles, à coups de machettes. Et la cerise sur le gâteau : l'affrontement de Stephen Fung dans le rôle du jeune Moutain Leopard contre Nine Dragons 30 ans plus tôt. Ce qui est fort appréciable avec ce film, c'est que le scénario aurait pu facilement tomber dans le mélodrame à l'eau de rose, mais le réalisateur a plutôt joué la carte de la nostalgie et de l'émotion, en insufflant à chaque personnage une empreinte émotionnelle qui ne peut pas laisser indifférent. La mère de Smoky en est l'exemple, ou encore Moutain Léopard qui perd sa mémoire progressivement.


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Et puis quelle maîtrise dans la narration. Tout se succède et s'enchaîne sans aucune confusion pour nous emmener vers une fin tout à fait touchante et bouleversante, qui vient fouiller jusque dans les moindres recoins psychologiques des personnages. De plus, non seulement Riley Yip fait briller "Metade fumaca" par sa mise en scène et son casting flamboyant, mais en plus il réussit à rafler la mise par une ribambelle de musiques tantôt brésiliennes, tantôt chinoises, qui insufflent à cette oeuvre une atmosphère enivrante, comme lors des combats à coup de machettes. A cela ajoutons la photographie soignée de Peter Pau ("Le Festin chinois").
Oscillant en permanence entre drame et comédie, ce film a tout pour plaire et Riley Yip le place bien au-delà de "Lavender" (pourtant plus connu), en nous montrant une pléthore d'acteurs charismatiques aussi bons les uns que les autres, un scénario profond et intelligent, des musiques entraînantes, une fin imprévisible, une belle photographie... Si bien qu'il manque peu de choses pour en faire une oeuvre culte. Vous l'avez compris "Metade Fumaca" est une réussite cinématographique totale, à tous les niveaux, un de ces films auxquels on ne peut rester indifférent et donc une oeuvre indispensable à voir sans plus attendre.


benhoa

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