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monrak transistor

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Aka: mon rak transistor, transistor love story

monrak transistor

Avec "Monrak Transistor" Pen-ek Ratanaruang nous montre une fois de plus qu'il est un grand réalisateur. En effet ce film est une vraie tranche de vie, mélangeant drame et romance, avec une pincée de comédie musicale. Mais attention pas de n'importe quel style musical... du Luktung !!! Et oui, c'est vraiment la "grande classe": il fallait oser mettre en scène avec autant de talent ce style musical classique thaïlandais, dont certains aspects peuvent paraître complètement kitchs ou désuets. Dans un petit village de Thaïlande, Pèn ("Suriyothai"), chanteur amateur, déclare sa flamme à Sadao ("One Night Husband") lors d'une fête. Il lui offre alors un transistor pour lui prouver son amour, ils se marient ensemble et Sadao est enceinte quelque mois plus tard. Jusqu'ici tout va bien, et cela ressemble à un petit film romantique (limite à l'eau de rose). Mais tout ça vire au drame lorsque Pèn doit quitter son foyer pour faire son service militaire (soulignons au passage qu'en Thaïlande la sélection pour le service se fait par tirage au sort et pour une durée de 2 ans). Mais peu de temps après avoir été "sélectionné" il gagne un concours de chant où il se fait remarquer par le producteur d'une maison de disque. C'est la chance de sa vie et il décide donc de déserter l'armée pour partir à Bangkok afin de devenir un chanteur reconnu. C'est alors qu'avec un ami impliqué dans une histoire de vol (Ampol Rattanawong), il met le doigt dans un engrenage qui l'entraînera dans des situations rocambolesques (parfois au péril de sa vie) et dont il se serait bien passé...


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Le film met en scène des personnages tout à fait touchants et attachants, comme les 2 acteurs principaux Pèn et sa fiancée, et des personnages complètement charismatiques (parfois à la limite de la caricature) hauts en couleur comme le producteur de la maison de disque (Somlek Sakdikul, qui assume pleinement son rôle avec son slip léopard, et ses paires de lunettes à la "Starsky et Hutch")... On se marre vraiment et on se laisse volontairement prendre au jeu. Les acteurs jouent de manière tellement spontanée que ça sent le vécu ! Oui, quelle fraîcheur dans la mise en scène, et c'est ce qui fait toute la différence !
Alors certains diront que le film a comme un arrière goût de kitsch... mais en réalité, il est tout simplement le reflet d'un style musical thaïlandais tout à fait particulier, le Luktung, un style où il est bon ton de faire dans la démesure, dans le sens où l'on se fiche complètement des tendances de modes actuelles. Le but est d'être "classe" à tout pris, il faut montrer qu'on a "de la gueule" et qu'en plus on sait chanter ! Ainsi le rendu est comment dire... dépaysant, original, plein de coiffures sur-vitaminées à coup de gel laque, de paillettes, de cols "pelle à tarte", de colliers de fleurs autour du cou, de sourires plus blanc que blanc... "la Classe" avec un grand "C" quoi !


monrak transistor

Ainsi en voyant un tel mélange de genres au niveau des costumes, des personnages, de la musique et du style, avec un scénario qui ne cesse de rebondir, tantôt comique tantôt tragique... une chose est sure c'est que le réalisateur et un maître du mélange, un alchimiste de la cinématographie. Par une succession de situations auxquelles on ne s'attend pas du tout, il arrive à mélanger et à doser tout ce beau monde de façon tout à fait habile, juste au moment où il faut et comme il faut, sans pour autant partir dans tout les sens et s'éparpiller inutilement. Il en ressort une histoire tout à fait hors du commun mais qui reste terre à terre, car avec "Monrak Transistor", on ne se prend pas la tête... on suit le tout au gré des événements et des situations attachantes, naïves, attendrissantes et parfois cruelles qui rythment le parcours des protagonistes.


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Au niveau musical Ratanaruang impose ici (et entre autre) le répertoire du célèbre Surapol Sombatcharoen (Star Thaïlandaise aujourd'hui décédée). Les musiques sont donc, comme dit précédemment, de style "Luktung", genre typiquement Thaïlandais, mélangeant pop et pseudo classique Thaï, avec des chanteurs au look et aux attitudes kitsch, un style qui au final surprend, se laisse écouter et surtout colle bien avec l'histoire ! Notons que Wisit Sasanatieng, réalisateur du film "Les Larmes du Tigre Noir", a composé lui-même la chanson originale "le soldat triste". Quand à l'acteur principal Supakorn Kitsuwan, il interprète les chansons sans doublage ! Enfin, et vous l'avez compris, la musique tient une place tout à fait particulière dans ce film, elle accompagne les scènes parfois avec tristesse ou parfois avec humour, un peu à la façon d'une bonne comédie musicale... Un régal pour les oreilles comme pour les yeux !


monrak transistor

Jonglant de manière pertinente entre le comique et le sordide, entre l'illusion et la désillusion d'une vie qui peut parfois réserver bien des déboires, Pen-Ek Ratanaruang, avec "Monrak Transistor", nous offre un film agréablement surprenant et sans prétention aucune. Une oeuvre qui surprend par l'usage désinvolte de la musique dans la comédie, la spontanéité dans la mise en scène et la composition de l'image, ainsi que par un scénario imprévisible...
Bref on ne peut que se réjouir de ce film à la mise en scène typiquement thaï, et se laisser emporter par son ambiance fantaisiste, et bon enfant tout a fait unique. A voir sans hésiter !


benhoa

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