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paksa wayu

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Aka: garuda, garuda : the movie

paksa wayu

Voici un film qui met en scène un animal de la mythologie thaïlandaise nommé le "Garuda". Mi-aigle, mi-homme, mi-monstre, cette créature est d'après la légende plutôt impressionnante. Le Garuda dont il est question ici, aurait dans une époque très lointaine été emprisonné et condamné à rester sous terre par ses semblables pour avoir mangé de la chair humaine (une sorte d'ange déchu, si vous préférez). Mais voilà ce que ça donne lorsque une de ces bêtes revient à la vie dans une ville aussi peuplée, et préparée à ce genre de phénomènes que Bangkok.
L'histoire commence à Bangkok (capitale de la Thaïlande) lors du creusement d'un tunnel. Des travailleurs découvrent un fossile tellement solide, qu'il est impossible pour eux de le détruire. Mais, après analyse, on se rend compte que l'animal fossilisé ne ressemble à aucun autre animal préhistorique connu jusqu'à présent. Leena Janvier (Sarah Legge), une imminente archéologue, vient alors sur place avec son compagnon Tim (Daniel Fraser) pour observer la chose de plus près. Lors de leur arrivée ils se heurtent à l'armée locale qui n'a pas réellement envie de dévoiler au grand jour les détails concernant cette découverte. Très vite ils découvrent une grotte contenant de nouvelles choses intéressantes, mais le problème est qu'ils finissent par y réveiller un bon vieux et gros Garuda, cette fois-ci non fossilisé et qui en plus à l'air d'avoir faim. Il ne tient qu'à eux et à l'équipe militaire, de faire en sorte que la bête se rendorme gentiment, avant qu'elle ne remonte à la surface de la terre pour s'approvisionner en viande fraîche...


garuda

Le cinéma thaïlandais nous surprend une fois de plus en produisant un film de style Kaiju nippon (Godzilla...), style dont les japonais sont les maîtres incontestés à ce jour. Et même si avec un budget aussi limité il réussit à surpasser de grandes productions hollywoodiennes du genre par ses effets spéciaux, même si il a connu un véritable succès au box office lors de sa sortie en Thaïlande et même si le scénario catastrophe anticipé paraît alléchant... les personnages sont ennuyeux, le rythme trop lent par moment, des effets visuels répétitifs, le scénario presque prévisible, les acteurs trop caricaturaux...
Il fallait s'en douter, tout ça était trop beau pour être vrai, et on tombe en plein dans le cliché hollywoodien.


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D'ailleurs on passe son temps à se demander où est-ce que l'histoire veut en venir. Alors on espère que les choses vont prendre un tout autre tournant, qu'un phénomène inattendu va prendre place et ainsi bouleverser toute l'histoire... mais non, tout est figé, prévisible, tout vire au cliché (à défaut de virer au cauchemar). Quant au jeu des acteurs... on se croirait presque par moment en train de feuilleter un magasine de mode : en effet ils sont stéréotypés à souhait. On peut se poser de nombreuses questions sur les motivations difficilement saisissables des personnages, quant à leur développement trop planifié et banal... Par exemple on peut se demander comment un homme comme Tim avec son humour gratuit, qui a apparemment un QI à mi-chemin entre celui d'un reptile (au choix) et d'un poulet, a bien pu avoir un niveau d'études aussi élevé. Cela va bien au-delà de toutes explications rationnelles ! Quand à Leena (sortie tout droit de la presse "people"), le réalisateur voudrait qu'au fil de l'histoire, on se sente désolé pour elle, lorsqu'elle doit affronter les nombreuses critiques virulentes concernant ses théories d'archéologue avant-gardistes ainsi que ses origines franco-thaï (snif, on en a la larme à l'oeil). Mais tout ça est vite oublié lorsqu'elle montre sa bravoure au combat telle une femme accomplie. Et oui, encore une influence toxique hollywoodienne (dont on se serait bien passé), où par souci de "politiquement correct" il faut systématiquement que des femmes d'1 mètre 50 et 60 kilos puissent tenir tête à des monstres, sans même une égratignure et tenir une M-60 sans même s'essouffler une seconde. Ceci dit l'équipe militaire comporte des personnages plutôt bien développés et crédibles, comme le chef de l'unité d'attaque Tan (Peeya Wantayon). Mais Garuda nous déçoit une fois de plus en les illuminant trop vite, et en utilisant souvent la même prise de vue en contre-plongée sur la tête du personnage, comme si l'animal leur fonçait tout droit en pleine face.


garuda

Puis le tout est filmé 90% du temps dans l'ombre et la nuit, si bien qu'on arrive pas toujours à distinguer clairement Garuda. Sauf vers la fin où il remonte à la surface de Bangkok avec l'intention de grignoter quelques habitants. Malheureusement la scène est beaucoup trop courte, et on calme vite son enthousiasme à l'idée de voir quelques innocents payer pour les autres... D'ailleurs l'apparition du Garuda est beaucoup trop courte pour ce film qui dure à peu près 2 heures... on reste sur sa faim. Ceci dit le monstre est plutôt bien conçu, et bien animé, voilà le point fort du film, et à ce niveau là les fans de monstres ne seront vraiment pas déçus.


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Garuda est donc un film en dessous de la moyenne. Il reflète quelque peu l'ambiance médiatique actuelle en Thaïlande, qui consiste à dire que cela est "chic et bon genre" de faire comme les occidentaux. C'est la raison pour laquelle on voit de plus en plus d'acteurs occidentaux ou métisses dans les séries TV thaïes mais aussi au cinéma. Le problème étant que parfois certains réalisateurs en voulant mettre de côté leur identité culturelle, en oublient du coup la pertinence et nous pondent un film sous cellophane. Ainsi à vouloir trop s'inspirer du cinéma hollywoodien, Monthon Arayangkoon a fini par stéréotyper son film et l'imbiber de clichés surfaits et de "politiquement trop correct".
Il lui reste cependant le monstre, qui vaut à lui seul le détour.
Un film à voir, mais seulement pour ceux qui rêvent de voir l'emblème du blason royal thaïlandais prendre vie ou tout simplement pour les fans de monstres !


benhoa

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