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fah talai jone

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Aka: les larmes du tigre noir, tears of the black tiger

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Une fois de plus, le cinéma thaïlandais nous offre un film grandiose et pertinent. En effet "Les Larmes du Tigre Noir" est à lui tout seul, un véritable cocktail cinématographique détonnant : une bonne dose de western, un peu de rococo, beaucoup d'action ultra moderne et effrénée, et pour couronner le tout, une bonne dose de dérision.
Ainsi Wisit Sasanatieng se déchaîne artistiquement, en adaptant une mise en scène extravagante à un scénario plutôt classique et à l'ancienne, digne des plus grands westerns 50's. Mais aussi au niveau de l'image, filmée en noir et blanc puis recolorée, bariolée, tel un bon vieux Technicolor ou Colorama.
Du coup il est impossible de rester indifférent face à cette oeuvre osée, survoltée et d'une plastique hyper contrastée, tape à l'oeil.


les larmes du tigre noir

L'histoire se déroule en Thaïlande, au début du siècle dernier. Rumpoey, une fille de la haute, et Dum, un jeune campagnard, tombent follement amoureux l'un de l'autre.
Mais quelques années plus tard, beaucoup de choses ont changé : Dum est à présent le redoutable et redouté Tigre Noir, un vilain bandit à la botte du terrible Fai. Il tire comme un as, et surtout, il a "la classe". Quant à Rumpoey, elle doit se fiancer au séduisant capitaine Kumjorn de gré ou de force. Et ça met vraiment les nerfs à zéro parce que le capitaine, et bien, il ne ressemble à rien ! Mais heureusement, Rumpoey est restée fidèle à Dum et réciproquement.
Sur le point de perdre la face, le Capitaine décide alors de lancer un assaut digne des plus grands films de guerre contre le quartier général de Fai. Ces scènes sont impressionnantes, avec au menu : cascades à gogo, explosions en tout genre, bras qui tombent du ciel... mais Fai et son équipe de mercenaires déchaînés n'ont apparemment pas envie de se laisser faire, et après un combat acharné, le capitaine Kumjorn se fait capturer. Ceci dit, dans un élan de générosité, Dum laisse la vie sauve au capitaine par respect envers Rumpoey.
Mais le jeune homme ne sait pas encore que son geste va déclencher un engrenage de vengeance infernale...


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Il est vrai que "Les Larmes du Tigre Noir" suit à la lettre les règles d'un mélodrame 60's digne de ce nom, avec le bon, le méchant, le vilain, le traître, l'amour impossible... Si bien qu'on ce demande comment le réalisateur va réussir à faire passer tout ça.
Eh bien avec une mise en scène exceptionnelle ! Car il faut absolument voir les effets visuels et techniques qui résultent des combats, et le montage qui les rend complètement délirants. Ca pète dans tous les coins, et on a droit à quelques originalités en la matière qui viennent réinventer le style western, comme l'emploi largement présent du bazooka ou des bullet-time...
De plus et pour notre plus grand plaisir, le réalisateur n'hésite pas à ajouter un couche de sang à ce trop plein de romantisme désuet. Ainsi, il arrive à créer une rupture directe et saisissante avec certaines scènes un peu trop romantiques.
Ce qui est bien avec Wisit Sasanatieng c'est que rien n'est pris au sérieux : on se fait plaisir en voyant les acteur "surjouer" comme si de rien était, le tout sur fond de couleurs dignes des films des années 50 et 60.


les larmes du tigre noir

Puis ce n'est pas tous les jours que l'on voit un western avec une horde de cow-boys enragés chevauchant allégrement leurs montures au travers des rizières de Thaïlande... Hiyaaa ! Hiyaaaa!!! Hiyaaaaaaa !!!!
Car "Les Larmes du Tigre Noir" est un réel mélange habile de culture Thaï, Bollywoodienne (sous ses aspects de comédie musicales) et western 60's. Ainsi on passe allègrement du pastiche de western bariolé en Technicolor, au théâtre populaire thaïlandais.
D'ailleurs, ce qui fait toute l'originalité de cette oeuvre, c'est aussi son rythme rocambolesque et surprenant : un coup c'est romantique avec des flash-back à l'eau de rose (peut-être un peu trop répétitifs), puis ça repart directement et sans état d'âme à coup de revolvers, et de dialogues violents... Bref, ce film est une vraie claque stylisée et incomparable à n'importe quel autre film du genre.


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Avec "Les Larmes du Tigre Noir" Wisit Sasanatieng maîtrise parfaitement son sujet, du début jusqu'à la fin, de la narration à la mise en scène... Et en prenant soin d'éviter de tomber dans le mélodrame, en plaçant ses scènes "romantiques" au second degré.
On retiendra surtout, et parmi tout les points forts de cette perle cinématographique son aspect visuellement surprenant et kitsch pleinement assumé.
Car le réalisateur a voulu nous emmener à la limite entre la parodie et le mi-sérieux, et il y est parvenu à un tel point, que l'on peut qualifier "Les Larmes du Tigre Noir" comme véritable un O.V.N.I percutant du cinéma Thaïlandais et du cinéma tout court !
A cela rajoutons une véritable guirlande d'acteurs à la sincérité fervente, tous aussi bons les uns que les autres, et dont les rôles colles véritablement à la peau.
Finalement les amateurs d'humour décalé et kitsch, et à la recherche d'originalités explosives, accrocheront totalement à cette épopée tragi-burlesque, décalé et venu d'ailleurs.


benhoa

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