* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

rabid

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Aka: rage

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Je vous entends déjà : "Quoi ? Cronenberg dans ce site ? Mais il est fou ??".
Ce à quoi je répliquerais "Holà ! Que tal !" (Oui, je parle couramment espagnol !)
Plus sérieusement : certains films sont de véritables surprises. On attend le prochain "chef d'oeuvre" d'untel, et finalement on se retrouve avec une daube indigeste.
Et parfois, c'est l'inverse : "Alien" j'en parlais dans la critique de "Saturn 3", n'est au final qu'un nanar particulièrement réussi. On peut crier au génie en le regardant aujourd'hui, les années lui ayant donné caractère de noblesse, à y regarder de plus près, il s'en aurait fallu de peu pour qu'il ne soit qu'un navet de plus se passant dans l'espace (où on ne vous entendra pas crier). Mais n'est pas Ridley Scott qui veut !
Bon nombre de films de Carpenter ou de Wes Craven ne dérogent pas à cette règle. Alors, je saute le pas (hop) et je classe "Rage" de Cronenberg comme un film qui annonce plutôt bien ce que sera Cronenberg dans quelques années. Un film plein de promesses et plein d'imperfections, qui est loin d'avoir la notoriété de ses autres films, et que je vais traiter un peu plus sérieusement qu'à mon habitude, ne m'en voulez pas.
Et ne venez pas me critiquer, sinon je fais "Alien", "Halloween" et "The Thing" la semaine prochaine !!


rage

Un jeune homme (Alex) et sa petite amie (Rose) sont en moto et zigzaguent sur les routes de campagne. Un couple et leur enfant zigzaguent eux aussi sur ces mêmes routes, sauf qu'ils se sont perdus. Ils décident donc de faire demi tour. Malheureusement, pile à ce moment, le motard et sa petite amie viennent s'encastrer lamentablement dans le van familial. Si le jeune homme s'en sort bien, Rose, elle, est fort amochée et brûlée.
Heureusement, à quelques pas de là se trouve une clinique de chirurgie plasticienne, et les deux motards vont se faire prendre en charge. Mais le docteur va essayer de soigner la jeune femme avec une nouvelle technologie : "la greffe de terrain neutre". Greffe qui va parfaitement marcher.
En se réveillant, quelques mois plus tard, la jeune femme a subitement froid et éprouve un besoin urgent de chaleur. Elle la trouve au contact d'un des patients de la clinique, qui l'entendant crier, vient lui porter secours. Mais étrangement, le patient retournera dans sa chambre en sang, étrangement fatigué et ne se souvenant de rien. Il va de plus tomber malade d'une maladie faisant penser à la rage, et contaminer tout l'hôpital. Pendant ce temps, Rose s'échappe...


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Cronenberg revisite ici le mythe de la maladie mortelle et contagieuse teinté de mort-vivants.(Ou plutôt revisite, puisqu'il avait fait 2 ans auparavant le film "Frissons").
On pense d'emblé à "Dawn Of The Dead" (Zombie en VF) de Romero qui lui traitait les morts-vivants comme une maladie. Le résultat est le même, et peu réjouissant : il faut zigouiller tout ceux qui ont la maladie avant qu'ils ne vous contaminent.
Là où Romero place une vraie critique de la société de consommation, filme des hommes avant tout, qu'ils soient vivants ou morts, et rend attachants les morts vivants par leur part d'humanité (véritable tour de force pour un film d'horreur, mais on ne répétera jamais assez que DOD est un film d'auteur, sûrement dû à la présence de Dario Argento dans le staff), Cronenberg s'embourbe un peu avec ses deux personnages principaux. Personnages d'ailleurs sans profondeur, et qui n'ont qu'un but déclencheur.


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Dès lors, on aurait très bien compris qu'il abandonne ces personnages, plutôt que de les traîner tout au long du film. Car au final, Cronenberg filme plutôt la propagation de la maladie qu'une histoire. Le personnage central est la maladie.
Mais non... Il s'attache aux personnages, et c'en est presque dommage, car même la fin nous fait bien comprendre l'insignifiance de ceux-ci.
Alors, quel intérêt de filmer des personnages anecdotiques et insignifiants ? Je demanderai à Cronenberg la prochaine fois que je le verrai, je vous le promets !
Le film regorge pourtant de bonnes idées, et donne loisir au réalisateur de s'attarder à son obsession de la chair mutilée. Le questionnement de la réalité est quant à lui plutôt mis de coté, on comprendra aisément que l'histoire ne tend pas vers ça.


rabid

Voila pour le côté prise de tête. A part ça, les réjouissances sont nombreuses : on a le droit à une maladie peu ragoûtante, de bonnes scènes d'épouvante comme on les aime, des scènes parfois un peu amorales... Le film se regarde bien dans son ensemble. D'un point de vue cinématographique, la réalisation est sobre, efficace, de même pour toutes les composantes du film. On regrettera uniquement les acteurs principaux qui sont un peu en dessous du niveau général du film.
Mais d'une façon générale, nous sommes devant un bon petit film que l'on regardera avec plaisir.
Notez cependant que sur le même thème, son précédent film ("Shivers") est à mon avis largement supérieur bien que de moindre moyen. Jamais aussi bon que "Crash", "Faux-semblants", "Le Festin Nu", "Existenz", etc..., mais largement du niveau de "Scanner".


maht

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