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rose de fer (la)

rose de fer (la)
Aka: nuit du cimetière, rose of iron

rose de fer (la)

L'histoire de "La Rose de Fer" est d'une extrême simplicité : un jeune poète rencontre une demoiselle lors d'un repas de mariage. Il lui donne rendez-vous le lendemain. Le couple, cherchant un endroit tranquille, trouve un peu d'intimité dans un cimetière. Les tourtereaux descendent dans un caveau pour atteindre le septième ciel à l'abri des regards indiscrets. Mais, lorsqu'ils remontent et veulent prendre le chemin du retour, ils ne trouvent plus la sortie. Ils semblent condamnés à errer dans ce cimetière sans fin...


nuit du cimetière

Une intrigue épurée donc. En effet, il ne se passe rien tout au long du film, nous suivons nos deux protagonistes emprisonnés dans ce lieu macabre. Un vieux cimetière comme on en fait plus, avec des statues d'anges, de vieilles croix stylisées, des grilles de fer forgé. Bref, un milieu comme l'apprécie Rollin, gothique au possible, qu'il film le jour, la nuit et à l'aube dans un brouillard matinal. D'ailleurs, les décors sont parfois très beaux sous la caméra du réalisateur, qui sait tirer partie du peu de moyens alloués à son film. Il choisit donc des décors réels, cimetière, vieux village qui semble abandonné, plage désertique, pour en faire un univers étrange, son univers.


rose de fer (la)

Le spectateur est donc lentement entraîné dans le monde onirique de Rollin. Je dis lentement car tout y est d'une langueur (si peu) monotone. La caméra s'attarde sur certains plans : une jeune fille qui danse dans la nuit, la main de l'amant qui caresse les cheveux de sa tendre...La temporalité cinématographique de Rollin pourrait être ici qualifiée de lascive. Ce qui donne le sentiment que le temps s'est arrêté, bien que l'action se déroule en une nuit. Le film tourne donc au ralenti comme dans un rêve.


nuit du cimetière

Et pour ajouter un peu plus de mystère, Jean Rollin introduit ça et là quelques figurants étranges. On y rencontre un clown coloré (personnage cher au réalisateur que l'on retrouvera dans plusieurs de ses films) qui vient amener un bouquet de fleur sur une tombe, une vieille dame vêtue de noir qui ferme les grilles de ce labyrinthe de la mort, un homme lugubre à la cape noire qui rôde autour des tombes.
Par ailleurs, il y a très peu de dialogue. Les deux protagonistes ont des comportements insolites, alternant jeux de cache cache, crises d'hystérie ou scènes de violence. Ils murmurent également des poèmes sur la vie, la mort et l'amour. On se demande d'ailleurs s'ils sont encore dans la réalité ou s'ils sont devenus fous...Et ceux qui restent jusqu'à la fin auront la possibilité de voir l'héroïne nue s'étendre doucement sur la plage.


rose de fer (la)

Tout contribue au mystère installé par Jean Rollin, ce qui fait que, même s'il n'y a que deux personnages, même s'il n'y a pratiquement pas d'histoire, et malgré la monotonie ambiante, on ne s'ennuie pas et Rollin réussit même à créer une attente, attisant la curiosité du spectateur.
Ainsi, ce film est plus un film d'ambiance qu'un film d'horreur. Il n'est pas effrayant (seule la prise de son abominable l'est !) mais plutôt mélancolique. On y ressent la patte d'un Rollin toujours intègre, ce qui fait tout son charme. On y retrouve sa douceur, sa lenteur, sa manière particulière de filmer, et sa fascination pour le macabre. Avec son unité de temps, d'action et de lieu (ou presque), sa fin inévitablement sombre, ce film pourrait presque être classé dans le registre de la tragédie, une tragédie gothique et poétique.
Un film touchant donc qui pourrait plaire à ceux qui ne sont pas pressés et au fans de Jean Rollin.


bloodyjane

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