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sie tötete in ekstase

sie tötete in ekstase
Aka: crimes dans l'extase, she killed in ecstasy, mrs. hyde

sie tötete in ekstase

Le dr. Johnson fait des expériences "hormonales" (sûrement l'ancêtre de la génétique) sur des animaux, mais surtout des embryons humains. Ses avancées scientifiques lui semble si importantes qu'il est sûr d'être soutenu lorsqu'il se présente devant l'ordre des médecins afin de faire valider son projet. Mais, au lieu d'être acclamé, il est conspué par ses pairs, qui vont jusqu'à le juger au tribunal, et lui retirer sa licence. Vert de colère, le Dr. Johnson casse tout chez lui, et sombre dans la folie sous les yeux affolés de sa femme. Quand il reprend conscience, comprenant que sa vie ne serait plus que souffrance, il se suicide, laissant sa femme endormie et éplorée.
Comme dirait notre copain Racine : " Ils bravent la fureur d'une amante insensée!" (IV, 6 - Phèdre.)


crimes dans l'extase

Bref, nous sommes en pleine tragédie, ne comprenez-vous pas ? La charmante Soledad Miranda, (qui en plus de se payer le luxe d'être une femme sensuelle a un nom d'une douceur qui n'est pas sans rappeler... euh...), qui joue Miss Johnson, va douloureusement mais sûrement assouvir sa vengeance, et occire les méchants médecins qui ont détruit sa seule raison de vivre : son mari.
Et on comprend pourquoi Jesus Franco prend autant de plaisir à filmer la jeune demoiselle : elle est magnifique, et vaut à elle seule un petit détour par ce film. Mais on ne peut pas tout avoir : la jeune fille est belle, mais ne joue pas très bien. Elle surjoue, possède 2 ou 3 expressions à son jeu d'acteur (jeu 1 : femme sensuelle - jeu 2 : Femme perdue - jeu 3 : femme machiavélique). Mais on lui pardonnera aisément.


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Autant vous le dire tout de suite : on sait que certains apprécient les films de Franco. On ne peut d'ailleurs pas nier que ce réalisateur ait des qualités esthétiques, et comme tout réalisateur, ses obsessions (pour lui, c'est l'érotisme, et accessoirement le lesbianisme).
Et pourtant, nous ne sommes pas fans, car d'une façon générale, nous sommes toujours déçus, principalement parce qu'il a tendance à s'attarder sur les situations, et pratique la redondance à outrance (ou si vous préférez, on a l'impression qu'il s'étend en explication pour être sûr de bien se faire comprendre). Souvent le montage n'est pas à la hauteur non plus.
Cela ne nous empêche pas de nous laisser avoir à chaque fois. Serait-ce les titres alléchants ? Les affiches de ses films ? ... L'érotisme... hum hum ? Parce que c'est Jess Franco et qu'on a tout de même une petite tendresse pour lui ? ... Ca reste pour nous un mystère.
Et là, on s'est fait (une fois de plus) piégé, et agréablement piégé.


crimes dans l'extase

Premier point fort du film : la musique. Dès le début, nous sommes entraînés par une lounge digne des plus grands compositeurs italiens (on notera d'ailleurs la présence de Bruno Nicolai dans le staff). Tout au long du film, on retrouve cette musique, avec un thème récurant qui restera dans votre tête. Quand aux scènes de meurtres, elles sont ponctuées de musiques à consonances indiennes, véritable invitation au voyage...
Second point fort : la beauté des images. Les décors sont magnifiques, et Franco les filme avec autant de passion qu'il filme, devons nous le rappeler, Soledad Miranda.
Et pourtant, le film n'est pas sans point faible : l'histoire est somme toute banale, prévisible même. Les acteurs, malgré l'apparition remarquée d'Horst Tapper (oui oui, DERRICK lui-même, dans son fabuleux rôle d'inspecteur !), ont peine à se faire remarquer. Enfin, et comme d'habitude chez Franco, le montage manque parfois de finesse.


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Mais on ne peut pas s'empêcher en regardant le film, de constater qu'il a touché quelque chose du doigt, un véritable savoir-faire qu'il nous cachait, un je-ne-sais-quoi de fragile.
Alors, on se laisse entraîner dans cette histoire, et on prend un véritable plaisir à suivre les exactions de cette femme frappée par le sort.
Derrick/Horst Tapper clôture le film par une tirade qui noue le destin tragique de la jeune femme, et nous donne une explication existentielle du pourquoi-du-comment (qui tombe un peu comme un cheveux dans la soupe, pour notre plus grand plaisir).
Bref, un Franco comme on aimerait en voir plus souvent (on a bien fait de récidiver), si vous deviez commencer par un, nous vous conseillerions celui-ci.


maht & bloodyjane

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