* a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z

sssssss

sssssss
Aka: ssssnake

sssssss

Le Dr Stoner, scientifique spécialiste en ophiologie (étude des serpents), est à la recherche d'un nouvel assistant car l'ancien a mystérieusement disparu. Il se rend chez un confrère enseignant à la faculté, afin de recruter un jeune étudiant passionné. Les deux scientifiques étant en désaccord sur les méthodes du Dr Stoner, celui-ci hérite de l'élève le plus dissipé de la promotion : un jeune blondinet dragueur nommé David.
Le Dr Stoner le ramène à son laboratoire et lui explique quelles seront ses tâches au côté de la jeune Kristina, la fille du Docteur. Pour éviter tout empoisonnement, car les morsures des serpents sont fréquentes et peuvent être mortelles, le Dr Stoner lui injecte un sérum sensé l'immuniser. Mais David, au fur et à mesure des injections, est pris d'hallucinations et développe des symptômes pour le moins troublants...


ssssnake

"Sssssss" est découpé en deux parties inégales. La première nous présente les protagonistes et installe l'intrigue. Sans apporter de réelles innovations, l'histoire est suffisamment intéressante pour qu'on ne décroche pas. Chacun s'installe dans son rôle. Le Dr Stoner est ambigu, mélange de scientifique passionné-attendrissant et de savant que l'on sent prêt à tout pour mener à bien ses expériences. David, quant à lui, tombe évidemment amoureux de la fille du Docteur et prend sa place d'assistant auprès du savant. Là le film prend un aspect de reportage quasi scientifique, détaillant les caractéristiques et la dangerosité des serpents. Quelques indices disséminés ça et là, peuvent laisser présager des surprises et préparent une suite qu'on devine plus angoissante.


sssssss

C'est effectivement ce qu'il se passe : la seconde partie est riche en événements, alliant meurtres, jalousie paternelle, angoisse de contamination, phénomènes de foire, etc. Mais bizarrement, c'est cette partie qui est la plus lassante... "Sssssss " souffre d'un manque de rythme évident, mais le plus grave est peut être la déception du spectateur : on s'attendait à quelque chose de plus original, de mieux travaillé, surtout que rien ne laissait présager que le film tomberait dans cette platitude. Plutôt qu'un film d'horreur, on a l'impression de regarder un drame ridicule ressassant des thèmes à la Frankenstein, l'histoire banale d'un scientifique se prenant pour dieu, puni par son orgueil. Et le film devient une critique, peu convaincante, de l'homme manipulant la nature.


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Par ailleurs, "sssssss" est étonnamment moderne, sachant qu'il date de 1973 : au niveau de la réalisation, rien d'extraordinaire mais on notera tout de même l'intemporalité du décor, de l'histoire. Les maquillages sont tout à fait corrects pour l'époque. Les personnages, quant à eux, semblent tout droit sortis des années 80, et en particulier l'héroïne, Heather Menzies, affublée de ce magnifique brushing qui ferait trembler les Bananarama. Celle-ci apparaît comme une jeune fille candide, plus experte en serpents qu'en humain, ce qui donne lieu à des scènes parfois ridicules. Elle sera meilleure actrice dans le rôle de Jessica pour la série : "l'Age de Cristal".
Dirk Benedict, alias David, plus connu en France pour son rôle de Futé dans la série : "l'Agence Tout Risque", n'est pas très convaincant bien qu'il joue avec conviction...
Les seuls acteurs crédibles restent le cobra royal (dans son rôle de serpent) et le savant fou (Strother Martin).


sssssss

On sent bien que le réalisateur avait un objectif bien précis au départ, mais on a l'impression qu'il a soit trop voulu en faire, soit qu'il s'est perdu en cours de route... Bref, "Sssssss" oscille sans cesse et maladroitement entre vérité scientifique et fantastique, entre drame et horreur. Il en résulte un film bancal sans genre bien défini, pour lequel il manque un axe principal et de ce fait, sans grand intérêt.
Outre le titre (il fallait oser !) dont nous soulignerons l'originalité, nous retiendrons quelques scènes, par leur aspect comique second degré.
Reste que ce film très didactique nous apprend la différence entre le serpent crotale très venimeux (à bandes jaunes et rouges collées), et le serpent royal (à bandes jaunes et rouges, mais séparées par du noir), inoffensif, et bien d'autres choses. Aussi on en sort plus érudit : on peut faire les beaux dans les vivariums et déclamer en société le dicton : "jaune sur rouge, tue tout ce qui bouge".
Un film à réserver aux fans du Dr Frankenstein et aux suppôts de Serpents, adeptes de l'ophiologie.


maht & bloodyjane

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