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we are going to eat you

we are going to eat you
Aka: histoire de cannibales, diyu wu men, dei yuk mo moon, hell has no gates, kung fu cannibales, no door in hell

we are going to eat you

Avec "Histoire de Cannibales" Tsui Hark nous offre une explosion des genres, un film à mi chemin entre gore, bon vieux Kung-fu de série B et "Comedia Dell' Arte" ... Et à son visionnement, on s'aperçoit très vite qu'il est une véritable réussite car aucun des aspects stylistiques qui composent le film n'a été délaissé au profit d'un autre.
L'histoire est celle de l'agent secret et aventurier "999" (Norman Chu) qui part dans le fin fond de la campagne chinoise à la recherche d'un gangster nommé "Rolex" (Melvin Wong) et qui porte un poing tatoué sur son torse. Mais voilà qu'en chemin, après s'être fait dépouillé par un homme aux allures de vagabond, il se fait attaquer par une bande de malfaiteurs masqués et armés jusqu'aux dents. Il réussit de justesse à leur échapper, et part se réfugier dans un village aux l'allures plus que douteuses, où les habitants pratiquent le cannibalisme, et surtout ont faim !


histoire de cannibales

"Histoire De Cannibales" démarre sur les chapeaux de roues avec une accumulation de scènes toutes plus sadiques les unes que les autres. Mais le rythme sanglant retombe vite et laisse place à l'intrigue d'un film qui se veut mi-horreur, mi-policier, mi-kung-fu... Notons l'influence de "Massacre à la Tronçonneuse" au niveau de certaines prises de vue : la façon dont sont filmées les exécutions ou encore les poursuites infernales dans les champs touffus de taros. Mais aussi au niveau des tueurs qui font penser, par leur façon d'agir et leur look, à Leatherface.
Puis, de manière habile, le tout est largement entrecoupé de gags à gogo, de cadrages délirants, de quiproquos et de situations complètement loufoques qui font vite oublier les atrocités vues précédemment. La bande son quant à elle, reprend quelques passages musicaux de "Suspiria" de Dario Argento pour la partie horreur, puis notons le thème principal de "Wong Fei Hung" dans le combat final totalement hilarant vers la fin du film.


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Le casting, lui, est impeccable. Avec la performance d'Eddy Ko ("The Sword" ...) qui une fois de plus crève l'écran dans le rôle du chef du village, machiavélique et dictateur ! Il vaut à lui seul le détour. Quant à Norman Chu ("Duel to the Death", "The Magic Crane"...), son rôle d'Agent 999 lui va à merveille, aussi impressionnant par son style martial que par son attitude d'homme réfléchi et sûr de gagner à l'avance. Avec lui tous les combats sont réglés de manière aisée... Oui, quel kung-fu, et quel style, on se croirait dans un western ! Ainsi on le voit se rouler une cigarette au dessus de la tête d'un de ces adversaires en plein feu de l'action ! Puis il y a aussi Tam Tin Nam ("Mr. Boo Détective Privé", "Hong Kong Playboys"...) qui joue le rôle complètement déjanté d'une sorte de travesti complexé, massif, "de 2 mètres de haut sur 2 mètres de large", qui tend des pièges aux gens qui entrent chez lui afin de les violer... Un enfer hystérique (comme le reste du film) auquel on ne réchappe pas !
"Histoire de cannibales" possède cependant quelques petites maladresses comme certaines scènes dont le gore aurait dû être un peu plus poussé et gratiné...


histoire de cannibales

Alors que dire de plus de ce film, où tous les ingrédients sont réunis pour faire une oeuvre pertinente et qui se démarque du lot pour l'époque ? Avec des acteurs qui jouent à merveille, de l'action "comme il faut", du gore et du sadisme pleinement assumé, un scénario bien monté et bourré de rebondissements, des cadrages de folies qui vous baignent dans l'ambiance et vous mettent parfois dans la peau des personnages... etc.
Malheureusement "Histoire de Cannibales", lors de sa sortie en salle à Hongkong n'a pas connu beaucoup de succès auprès du public, car Tsui Hark était en réalité trop en avance sur son temps. Il n'en reste pas moins un film qui s'est bonifié avec l'âge, et où l'on apprécie volontiers ce formidable mélange de styles qui vous fait passer 86 minutes de folies !


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On peut donc nettement dire que Tsui Hark a réussi totalement ce qu'il voulait, en créant, pour l'époque, un film "choc", qui est venu littéralement provoquer les autres films Hongkongais du genre !
Ainsi "Histoire de cannibales" se veut aussi un film profondément intelligent et anticonformiste, (comme de nombreux films de Tsui Hark à l'époque), dénonçant une société, où les hommes doivent se manger entre eux pour survivre. En venant radicaliser son style, Tsui Hark nous offre un film où l'on a pas le temps de s'ennuyer une seconde et qui part dans tous les sens, avec une fin qui vient tout bouleverser et confirme que déjà à l'époque il était belle et bien un "savant fou" du cinéma asiatique.


benhoa

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