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wicker man (the)

wicker man (the)
Aka: le dieu d'osier, anthony shaffer's the wicker man

wicker man (the)

Le sergent Neil Howie débarque sur une île écossaise nommée Summerisle, afin d'enquêter sur la disparition d'une enfant, disparition signalée par une lettre anonyme accompagnée de la photo de la petite fille. A peine arrivé, il se heurte à des autochtones peu accueillants et réticents à collaborer à l'enquête. D'ailleurs, tout le village, des clients du pub à la maîtresse d'école, en passant par la mère présumée de la disparue, s'accordent pour dire qu'ils ne connaissent pas cet enfant. Cependant, le sergent Howie trouve plusieurs indices, et le comportement étrange de la population laisse penser que la fillette fait bien partie du village et qu'elle a effectivement disparue... mais alors ? Tout le village participerait à cette conspiration ? La petite fille a-t-elle réellement été enlevée ? Est-elle morte ? Quel secret se cache sur cette île ?


le dieu d'osier

Nous voilà plongés directement dans un univers étrange, fabuleux, où tout est tourné en dérision.
Les personnages d'abord, sont époustouflants. Ils semblent tout droit sortis d'un conte ou d'une fable. Le policier est exemplaire, rigide tel le policier de guignol, il est représentant de la loi mais aussi catholique affirmé aux valeurs très prononcées. D'ailleurs, le plaisir de la chair n'est pas pour lui, il se réserve sexuellement pour sa promise...
Mais Summerisle semble être l'île de tous les plaisirs et donc de toutes les tentations. Les habitants sont loin d'être biens pensants... Boissons alcoolisées et chansons paillardes, plaisirs du corps bucoliques, jeunes filles qui dansent nues autour d'un feu, enfants qui célèbrent à l'école la fête du 1er mai et ses symboles phalliques... tout est fait pour perturber notre pauvre policier et sa bonne conscience chrétienne. Et les autochtones s'en donnent à coeur joie dans un paganisme exacerbé et affiché.
Et à la tête de cette joyeuse troupe goûtant les plaisirs de la vie, de la nature et vénérant la déesse de la fécondité, se trouve qui ? Lord Summerisle, interprété par... et oui ! Le grand Christopher Lee ! Superbe dans son rôle de seigneur fou, illuminé et démoniaque. Surprenant, drôle et efficace, il a enfin trouvé un rôle à sa taille, qui l'extirpe du carcan de "Dracula" et reste tout autant impressionnant.


wicker man (the)

Ils évoluent dans un univers où se mêle délire, joie et provocation. Le réalisateur emprunte énormément à la farce. Tout est mascarade, les habitants portent des masques d'animaux et le protagoniste revêt l'uniforme d'un personnage de la Commedia Dell'arte, Polichinelle... Nous assistons à un mélange subtil des genres, mi comédie musicale, mi film d'horreur, mi drame, mi thriller, mi farce..., ce film est impossible à classifier. Et c'est tout ce qui fait son charme ! Il passe allègrement du sourire au rire grimaçant, les scènes somptueuses dansées et chantées alternent jeux enfantins, sensualité, volupté intense et trivialité extrême. Empruntant au domaine de l'enfance et du fabuleux, on y retrouve un univers semblable à celui d' "Alice au Pays des Merveilles" ou du "Magicien d'Oz", mais l'attitude perverse et sadique des habitants dégénérés de l'île les font ressembler aux Texans de "2000 Maniacs"...


le dieu d'osier

Le grotesque et le sublime sont donc mis côte à côte sans transition aucune. Le clown (ou plutôt le masque, propre à Shakespeare) et le jeu prennent une place prépondérante dans le film. Ce jeu participe à l'intrigue, facilite les rebondissements mais il donne également une certaine profondeur. Il sert à masquer, ou à démasquer... et parfois à dénoncer, par exemple les religions. Chaque chose, chaque danse, chaque chant, chaque chorégraphie a sa signification propre et sert le scénario.
La musique folk de Paul Giovanni fait partie intégrante de celui-ci. Le metteur en scène utilise l'espace comme on pourrait le faire pour le théâtre. De même l'histoire, les personnages et la frénésie ambiante font du film un spectacle vivant, mêlant son, mouvement et intrigue. On reconnaît l'influence qu'a dû avoir Anthony Shaffer, réputé pour être homme de théâtre.


wicker man (the)

Aussi, l'intrigue n'est pas en reste... Nous suivons avec intérêt, pas à pas l'enquête de ce policier très british, très riche en rebondissements...A noter qu'il existe une version Director's cut, qui non seulement offre quelques scènes très intéressantes, mais aussi un montage assez différent de la version courte. On y voit notamment notre policier avant qu'il n'arrive sur l'île, une scène d'orgie dans un cimetière, et la scène où Willow essaye de charmer Howie, en chantant et dansant nue, est déplacée vers la fin...
Vous l'avez compris, ce film d'une grande originalité, impossible à classer, est pour moi plus qu'intéressant. Très déstabilisant, il peut plaire énormément, comme il peut provoquer le rejet. Ceci dit, je ne pense pas qu'il puisse laisser indifférent.
D'une grande qualité, tant par le jeu des acteurs, que par la musique, le scénario et la mise en scène, "The Wicker Man" a un caractère très distrayant, il contentera donc autant le spectateur désireux de passer un bon moment, qu'un spectateur curieux plus enclin à s'abandonner à la réflexion.


bloodyjane

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